Benjamin Decoin est un photographe français qui mêle portrait, mode et reportage. Pour cette série réalisée au Nicaragua, il devait raconter un pays à travers ses paysages, ses habitants et ses accessoires de mode.
Le projet répondait à une commande du magazine Gala. Cependant, l’équipe est arrivée dans un contexte social et politique tendu.
Le séjour a donc été écourté. Malgré cela, les photographies réalisées sur place ont permis de montrer une autre image du Nicaragua.

Qui est Benjamin Decoin ?
Benjamin Decoin développe une photographie tournée vers les personnes et les histoires.
Son travail peut passer du portrait à la mode. Il peut aussi prendre la forme d’un reportage réalisé à l’étranger.
Cette diversité lui permet notamment de photographier :
- des personnalités ;
- des modèles ;
- des scènes de voyage ;
- des événements ;
- des lieux chargés d’histoire ;
- des situations documentaires ;
- des campagnes éditoriales.
Toutefois, son approche conserve un même objectif. Il cherche toujours à raconter une histoire avec une image.
Comment est né le projet réalisé au Nicaragua ?
Le projet correspond à une commande du magazine Gala pour son numéro consacré aux accessoires de la rentrée 2018.
L’idée consistait à présenter une destination inattendue à travers la mode.
Benjamin Decoin travaillait avec la styliste Malika Slimani. Ensemble, ils devaient intégrer les accessoires dans des décors naturels et urbains.
L’équipe a donc choisi le Nicaragua. Le pays offrait des paysages variés, des rues colorées et une forte identité visuelle.
Cependant, le voyage ne s’est pas déroulé comme prévu.
Un séjour écourté pour des raisons de sécurité
L’équipe devait rester environ une semaine au Nicaragua. Pourtant, elle est arrivée pendant une période de manifestations.
La situation rendait les déplacements plus complexes. Elle pouvait également évoluer rapidement.
Par conséquent, Benjamin Decoin et son équipe ont décidé d’écourter le séjour.
Cette décision rappelle plusieurs règles essentielles :
- la sécurité passe avant la production ;
- un planning doit pouvoir évoluer ;
- le matériel doit rester facile à transporter ;
- l’équipe doit suivre les informations locales ;
- les déplacements doivent être préparés ;
- une image ne justifie jamais une prise de risque excessive.
Ainsi, la production a été interrompue avant la date prévue. Les images déjà réalisées ont néanmoins conservé une véritable valeur éditoriale.

Pourquoi publier les images malgré le contexte ?
Après le retour, une question importante s’est posée. Était-il pertinent de publier un sujet de mode dans un tel contexte ?
Une série esthétique peut sembler éloignée des préoccupations sociales vécues sur place.
Cependant, les habitants avaient accueilli l’équipe avec beaucoup d’attention. Certains souhaitaient aussi que leur pays continue à être montré.
La rédaction a donc décidé de publier les photographies. Néanmoins, elle devait expliquer les circonstances du voyage.
Cette démarche permettait :
- de ne pas cacher le contexte ;
- de respecter les personnes rencontrées ;
- de montrer la beauté du territoire ;
- de conserver une lecture honnête du projet ;
- d’éviter une présentation uniquement touristique ;
- de replacer la série dans son époque.
Comment associer mode et reportage ?
La photographie de mode répond généralement à un brief précis. Les vêtements, les accessoires et la direction artistique occupent donc une place centrale.
Le reportage fonctionne différemment. Il dépend davantage des événements, du lieu et des rencontres.
Pour réunir les deux approches, le photographe doit conserver un équilibre.
Il peut notamment :
- intégrer le modèle dans un lieu réel ;
- préserver les éléments du décor ;
- éviter de transformer entièrement l’environnement ;
- observer la lumière disponible ;
- réagir rapidement aux situations ;
- respecter le rythme des habitants ;
- conserver une cohérence avec le magazine.
Ainsi, le décor ne sert pas seulement d’arrière-plan. Il devient une partie essentielle de l’image.
Quel matériel utilisait Benjamin Decoin ?
Pour cette production, Benjamin Decoin avait choisi un équipement relativement compact.
Son matériel comprenait principalement :
- plusieurs Canon EOS 5D Mark IV ;
- un Leica Q ;
- un flash Profoto B1 ;
- une gélatine colorée ;
- des accessoires légers de prise de vue.
Le photographe souhaitait utiliser au maximum la lumière naturelle.
Le Profoto B1 servait donc surtout à déboucher une silhouette ou à renforcer une lumière déjà présente.
Pourquoi utiliser plusieurs appareils photo ?
Une production réalisée à l’étranger demande de la sécurité. Un second appareil permet donc de poursuivre le travail en cas de panne.
Deux boîtiers offrent aussi plusieurs possibilités :
- conserver deux focales prêtes à photographier ;
- éviter les changements d’objectif dans la rue ;
- réagir plus vite ;
- répartir les fichiers sur plusieurs cartes ;
- disposer d’un appareil de secours ;
- alterner un équipement léger et un boîtier plus polyvalent.
Avant le départ, il reste utile de synchroniser la date et l’heure des appareils. Le tri devient alors beaucoup plus simple.

Le Canon EOS 5D Mark IV comme boîtier polyvalent
Benjamin Decoin expliquait utiliser les appareils Canon depuis longtemps.
Le Canon EOS 5D Mark IV lui apportait une solution polyvalente pour le portrait et le reportage.
Un tel boîtier permet notamment :
- de photographier rapidement ;
- de travailler avec plusieurs objectifs ;
- de produire des fichiers RAW ;
- de gérer des situations lumineuses variées ;
- d’utiliser un flash professionnel ;
- de conserver une ergonomie connue.
Dans une production courte, la maîtrise de l’appareil reste essentielle. Le photographe ne doit pas perdre du temps à chercher ses réglages.
Pourquoi emporter un Leica Q ?
Benjamin Decoin présentait le Leica Q comme son appareil de voyage préféré.
Son format compact permet de photographier avec davantage de discrétion. Il devient aussi plus simple à transporter pendant une longue journée.
Un appareil compact peut servir :
- aux repérages ;
- aux scènes spontanées ;
- aux images réalisées entre deux installations ;
- aux photographies de rue ;
- aux moments où un équipement imposant serait gênant ;
- à la création d’images plus intuitives.
Toutefois, un appareil léger ne remplace pas toujours un système complet. Les deux solutions restent donc complémentaires.
Privilégier la lumière naturelle
La lumière naturelle facilite l’intégration du modèle dans le décor.
Elle évite aussi de transformer entièrement l’ambiance du lieu.
Avant de placer un flash, le photographe peut observer :
- la direction du soleil ;
- la couleur des murs ;
- les zones d’ombre ;
- les reflets présents dans la rue ;
- la lumière produite par les vitrines ;
- les contrastes sur le visage ;
- la relation entre le modèle et le fond.
Ensuite, il ajoute seulement la lumière nécessaire. Le rendu conserve ainsi une apparence naturelle.
Le Profoto B1 comme lumière d’appoint
Benjamin Decoin avait emporté un seul Profoto B1.
Cette source sur batterie pouvait être utilisée dans la rue sans connexion électrique.
Le flash servait notamment à :
- éclaircir un visage placé dans l’ombre ;
- séparer une silhouette du décor ;
- renforcer une direction lumineuse ;
- ajouter un léger contre-jour ;
- équilibrer une scène très contrastée ;
- préserver une ambiance nocturne.
Cependant, la puissance ne devait pas dominer la lumière disponible. Le flash complétait donc la scène plutôt qu’il ne la remplaçait.

Utiliser la lampe pilote pendant une scène de nuit
Pendant ce reportage, Benjamin Decoin a utilisé la lampe pilote du Profoto B1 d’une manière inhabituelle.
Au lieu de déclencher uniquement le flash, il a exploité la lumière continue produite par la torche.
Cette méthode lui permettait de voir immédiatement l’effet sur le modèle.
Dans la photographie réalisée dans un pousse-pousse, la lumière est placée sur le côté. Elle dessine ainsi le contour du visage.
L’éclairage apporte plusieurs effets :
- une meilleure séparation avec l’arrière-plan ;
- un relief supplémentaire ;
- une lumière visible avant le déclenchement ;
- une meilleure intégration aux lumières de la rue ;
- une ambiance plus cinématographique.
De plus, une gélatine permettait d’harmoniser la couleur avec l’éclairage urbain.
Pourquoi ajouter une gélatine colorée ?
Une gélatine modifie la couleur d’une source lumineuse.
Elle peut rapprocher le flash d’une lumière existante. Elle peut aussi créer volontairement un contraste.
Pour réussir cet effet :
- Observez la couleur dominante du décor.
- Choisissez une gélatine adaptée.
- Placez la source hors du cadre.
- Réglez d’abord sa direction.
- Commencez avec une faible intensité.
- Contrôlez les tons de peau.
- Réduisez la saturation si nécessaire.
Une couleur trop forte devient rapidement artificielle. Il faut donc conserver une intensité mesurée.
Comment préparer une séance de mode à l’étranger ?
Une production internationale demande une préparation précise.
Avant le départ, l’équipe doit définir :
- l’histoire à raconter ;
- les accessoires à photographier ;
- les lieux possibles ;
- les autorisations nécessaires ;
- le matériel indispensable ;
- les solutions de transport ;
- les sauvegardes des fichiers ;
- les règles de sécurité ;
- un programme de remplacement.
Cependant, le planning ne doit pas devenir trop rigide. Les rencontres et la météo peuvent transformer toute la production.
Créer une équipe légère et mobile
Une grande équipe peut produire des images complexes. Pourtant, elle attire aussi davantage l’attention.
Dans certaines situations, une équipe réduite facilite :
- les déplacements ;
- les changements de décor ;
- les autorisations ;
- les échanges avec les habitants ;
- la discrétion ;
- la réaction face à un imprévu.
Chaque membre doit alors connaître précisément son rôle. La communication devient donc essentielle.

Comment raconter une histoire avec plusieurs images ?
Une série éditoriale doit fonctionner comme un ensemble.
Chaque photographie peut être forte seule. Cependant, elle doit aussi compléter les autres.
Une sélection équilibrée peut réunir :
- une image d’ouverture ;
- un portrait fort ;
- une vue plus large du lieu ;
- un détail d’accessoire ;
- une scène nocturne ;
- une image plus spontanée ;
- une photographie de conclusion.
Ainsi, le lecteur découvre progressivement le pays, le modèle et les accessoires.
De l’écriture à la photographie
Benjamin Decoin explique être arrivé à la photographie grâce à son envie de raconter des histoires.
Au départ, il accordait davantage de place à l’écriture. Pendant ses voyages, il mélangeait donc les textes et les images.
Peu à peu, la photographie a occupé une place plus importante.
Les deux disciplines fonctionnent pourtant de manière différente.
Après un voyage, un texte peut encore être construit et réécrit. En revanche, une photographie dépend d’un instant déjà passé.
Cette contrainte oblige le photographe à :
- observer rapidement ;
- anticiper une action ;
- choisir son cadre ;
- contrôler la lumière ;
- déclencher au bon moment ;
- accepter les images manquées.
Quelles sont les influences de Benjamin Decoin ?
Benjamin Decoin apprécie la photographie dans toute sa diversité.
Il s’intéresse aux auteurs capables de passer du reportage au portrait ou à la mode.
Lors de l’interview, il citait notamment :
- Paolo Roversi ;
- Marc Riboud ;
- Christopher Morris ;
- Bruno Barbey ;
- Josef Koudelka.
Ces références réunissent plusieurs approches. Elles passent du portrait de mode au grand reportage.
De plus, elles montrent l’importance de la culture photographique. Observer des travaux différents aide à construire son propre regard.
Les erreurs à éviter lors d’un reportage de mode
Transformer complètement le lieu
Le décor doit garder son identité. Évitez donc de supprimer tous les éléments qui donnent du sens au territoire.
Utiliser une lumière trop visible
Un flash trop puissant peut séparer artificiellement le modèle du décor. Commencez avec une faible intensité.
Ignorer le contexte local
Une série de mode ne doit pas effacer les événements vécus sur place. Informez-vous et adaptez votre comportement.
Emporter trop de matériel
Un équipement excessif ralentit les déplacements. Préparez donc une configuration simple et fiable.
Négliger les sauvegardes
Copiez les fichiers sur plusieurs supports. Conservez aussi une sauvegarde séparée du matériel principal.
Privilégier l’image au détriment de la sécurité
Aucun projet ne justifie une prise de risque incontrôlée. Suivez toujours les consignes locales.
Une méthode simple pour une série éditoriale
- Définissez le message de la série.
- Préparez les accessoires et les tenues.
- Repérez plusieurs décors.
- Observez la lumière naturelle.
- Commencez avec une installation légère.
- Ajoutez un flash uniquement si nécessaire.
- Variez les plans larges et les portraits.
- Photographiez aussi les détails.
- Sauvegardez les fichiers après chaque séance.
- Conservez seulement les images utiles au récit.
- Expliquez le contexte lors de la publication.
Checklist avant une production à l’étranger
- Les autorisations ont-elles été vérifiées ?
- Les informations locales sont-elles à jour ?
- Le matériel principal fonctionne-t-il ?
- Un second appareil est-il disponible ?
- Les batteries sont-elles chargées ?
- Les cartes mémoire sont-elles prêtes ?
- Une sauvegarde quotidienne est-elle prévue ?
- Le matériel reste-t-il assez léger ?
- Un planning de remplacement existe-t-il ?
- L’équipe connaît-elle les consignes de sécurité ?
FAQ sur Benjamin Decoin et son reportage au Nicaragua
Qui est Benjamin Decoin ?
Benjamin Decoin est un photographe français qui travaille notamment dans le portrait, la mode et le reportage.
Quel projet présente cette interview ?
L’interview présente une série de mode réalisée au Nicaragua pour un numéro spécial du magazine Gala.
Pourquoi le séjour a-t-il été écourté ?
L’équipe est arrivée pendant une période de manifestations. Elle a donc préféré interrompre le voyage pour des raisons de sécurité.
Quel matériel Benjamin Decoin utilisait-il ?
Il utilisait principalement des Canon EOS 5D Mark IV, un Leica Q et un flash Profoto B1.
Pourquoi utilisait-il surtout la lumière naturelle ?
La lumière naturelle permettait de conserver l’ambiance réelle des lieux et de mieux intégrer le modèle dans le décor.
À quoi servait le Profoto B1 ?
Il permettait de déboucher les ombres, de souligner une silhouette ou de créer un léger contre-jour.
Comment la scène nocturne a-t-elle été éclairée ?
Benjamin Decoin a utilisé la lampe pilote du Profoto B1 avec une gélatine afin de préserver l’ambiance urbaine.
Pourquoi utiliser une gélatine ?
La gélatine permet de modifier la couleur de la lumière et de l’harmoniser avec les sources présentes dans la rue.
Comment associer photographie de mode et reportage ?
Le photographe doit respecter le brief tout en conservant l’identité du lieu, les habitants et le contexte réel.
Pourquoi publier les images malgré les manifestations ?
Les photographies ont été publiées avec une explication du contexte. Elles permettaient aussi de montrer le pays et les personnes rencontrées.
Quelle est la démarche de Benjamin Decoin ?
Sa démarche repose sur l’envie de raconter des histoires grâce aux portraits, aux lieux et aux situations rencontrées.
Une série entre esthétique et réalité
Le reportage de Benjamin Decoin montre qu’une commande de mode peut dépasser la simple présentation d’accessoires.
Les paysages, les rues et les habitants donnent une identité forte aux photographies.
De plus, la lumière naturelle et l’utilisation mesurée du Profoto B1 préservent l’ambiance des lieux.
Enfin, la publication du contexte permet de regarder les images avec davantage de justesse.
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Interview et photographies : Benjamin Decoin.
Commande éditoriale : magazine Gala.
Interview initialement publiée le 29 octobre 2018 et mise à jour le 29/07/2026 par Enzo de l’équipe PROPHOT.

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