Interview d’Hervé Chatel

Le photographe Hervé Chatel explore les rues de Paris à la recherche de scènes discrètes, de lumières inattendues et de détails que les passants ne remarquent pas toujours. Son travail associe la photographie de rue, le reportage documentaire et une approche humaniste du quotidien.

Avec la série en noir et blanc « Kafka sur la Ville », il révèle le caractère étrange et parfois fantastique de l’espace urbain. Ensuite, sa découverte du travail de grands photographes coloristes l’amène à développer « Paris Color », une série construite autour de la lumière, des silhouettes et des associations de couleurs.

Dans cette interview, Hervé Chatel revient sur ses projets au long cours, son utilisation des appareils Fujifilm et Leica, son choix des focales fixes ainsi que sa manière d’anticiper une scène avant le déclenchement.

Photographie en noir et blanc de la série Kafka sur la Ville par Hervé Chatel

Série « Kafka sur la Ville », réalisée avec un Fujifilm X-T1 et un objectif 23 mm f/1,4. © Hervé Chatel

Qui est Hervé Chatel ?

Hervé Chatel est un photographe autodidacte installé à Paris. Il découvre la photographie en 2012 à travers la photographie de rue.

Cette pratique lui apprend à observer les espaces urbains, à construire rapidement une composition et à réagir lorsqu’une scène intéressante apparaît.

Avant de devenir photographe, Hervé Chatel travaille pendant quinze années dans le graphisme et le webdesign. Cette expérience influence notamment son attention portée aux formes, aux couleurs et à l’organisation du cadre.

En 2016, il rejoint l’EMI-CFD à Paris afin de suivre une formation consacrée au photojournalisme documentaire. L’année suivante, il remporte le Grand Prix Photo Reportage Étudiant de Paris Match.

Son travail évolue ensuite vers une photographie documentaire et humaniste. Il réalise des séries consacrées aux personnes, aux métiers, aux traditions et aux réalités sociales.

Comment est née la série « Kafka sur la Ville » ?

Hervé Chatel commence la série « Kafka sur la Ville » en 2016. Avec ce projet en noir et blanc, il cherche à révéler le caractère étrange du quotidien.

Une rue familière peut devenir inquiétante lorsqu’une ombre masque une partie du décor. De même, une silhouette isolée ou un reflet peut transformer une scène banale en image presque irréelle.

Le titre fait référence à un univers dans lequel le quotidien semble soudain basculer. Pourtant, Hervé Chatel ne fabrique pas ces situations. Il les découvre en parcourant la ville.

Il s’intéresse notamment :

  • aux silhouettes isolées dans l’espace urbain ;
  • aux ombres très graphiques ;
  • aux reflets dans les vitrines ;
  • aux gestes ordinaires qui deviennent mystérieux ;
  • aux relations entre les personnes et l’architecture ;
  • aux scènes ambiguës que le spectateur peut interpréter librement.

Le noir et blanc facilite cette transformation. En supprimant les couleurs, le photographe renforce les formes, les contrastes et l’impression d’étrangeté.

Scène urbaine en noir et blanc photographiée par Hervé Chatel

Dans « Kafka sur la Ville », les silhouettes et les ombres transforment le quotidien. © Hervé Chatel

Pourquoi travailler en noir et blanc ?

Le noir et blanc réduit la scène à ses principales valeurs lumineuses. Par conséquent, le regard se concentre davantage sur les lignes, les gestes et les relations entre les différents éléments.

Dans une rue remplie d’enseignes, de vêtements et de véhicules, les couleurs peuvent parfois détourner l’attention. Leur suppression aide alors le photographe à clarifier sa composition.

Le noir et blanc permet également de rapprocher des scènes réalisées à différentes périodes. Les variations de couleurs disparaissent, tandis que la lumière et les attitudes créent une continuité visuelle.

Cependant, une bonne conversion ne consiste pas seulement à supprimer la saturation. Le photographe doit contrôler :

  • la séparation entre le sujet et l’arrière-plan ;
  • les détails présents dans les ombres ;
  • la luminosité des visages ;
  • la densité des noirs ;
  • les zones blanches qui attirent le regard ;
  • la progression entre les différents niveaux de gris.

Comment Hervé Chatel est-il passé à la couleur ?

Après plusieurs années consacrées au noir et blanc, Hervé Chatel découvre plus profondément le travail de photographes comme Harry Gruyaert, Alex Webb et Joel Meyerowitz.

Ces photographes ne considèrent pas la couleur comme une simple information supplémentaire. Au contraire, ils l’utilisent comme un élément central de la composition.

Une couleur peut créer une tension, relier deux zones de l’image ou attirer immédiatement le regard vers une personne.

Cette découverte conduit Hervé Chatel à commencer la série « Paris Color ». Il complète et affine progressivement ce projet au fil de ses promenades.

« Paris Color » : photographier la capitale autrement

Paris apparaît souvent dans des photographies en noir et blanc. Pourtant, la ville offre aussi une grande richesse de couleurs.

Les vêtements des passants, les affiches, les vitrines, les transports et les lumières artificielles créent constamment de nouvelles associations.

Dans « Paris Color », Hervé Chatel ne cherche pas uniquement une couleur vive. Il observe surtout la manière dont plusieurs couleurs fonctionnent ensemble.

Il peut notamment attendre :

  • qu’un vêtement réponde à une affiche ;
  • qu’une silhouette traverse une zone colorée ;
  • qu’un reflet ajoute une seconde lecture à l’image ;
  • qu’une lumière chaude rencontre une ombre froide ;
  • qu’un détail coloré équilibre toute la composition ;
  • qu’un passant apporte l’élément manquant dans le cadre.

Photographie de rue en couleur issue de la série Paris Color d’Hervé Chatel

Série « Paris Color », photographiée avec un Leica M Type 262 et un Voigtländer Ultron 35 mm f/1,7. © Hervé Chatel

Pourquoi construire une série pendant plusieurs années ?

Hervé Chatel ne se considère pas comme un photographe pressé. Il préfère développer ses projets sur une longue période.

Cette durée lui permet d’observer l’évolution de son regard. Les premières images définissent une direction, mais elles ne figent pas définitivement le projet.

Avec le temps, le photographe peut :

  • identifier les images qui correspondent réellement au sujet ;
  • retirer les photographies devenues moins pertinentes ;
  • faire évoluer la palette ou le traitement ;
  • compléter les situations manquantes ;
  • créer des liens entre des scènes éloignées dans le temps ;
  • construire une séquence plus précise.

Une série au long cours conserve donc une part de mouvement. Elle grandit en même temps que le photographe.

Pourquoi faut-il régulièrement revoir ses archives ?

Une photographie qui paraît secondaire au moment de la prise de vue peut devenir essentielle quelques mois plus tard.

En effet, une nouvelle image peut créer une correspondance inattendue avec un ancien fichier. Les deux photographies se renforcent alors mutuellement.

Le temps modifie aussi notre perception. Une scène trop proche d’un souvenir personnel peut être difficile à évaluer immédiatement.

Pour cette raison, il reste utile d’espacer les différentes sélections et de comparer régulièrement les nouvelles images avec l’ensemble de la série.

Silhouette et couleurs dans une photographie de rue d’Hervé Chatel

Les couleurs, la lumière et la présence humaine construisent ensemble la composition. © Hervé Chatel

Quel matériel Hervé Chatel utilisait-il ?

Depuis ses débuts, Hervé Chatel privilégie des appareils petits, légers et discrets. Ces caractéristiques facilitent les longues marches et réduisent l’attention provoquée par le photographe.

Au moment de l’interview publiée en 2020, il utilisait notamment :

  • un Fujifilm X-T2 pour le reportage ;
  • un Fujifilm X-T3 pour le reportage ;
  • des focales équivalentes à 24, 35 et 50 mm ;
  • un Leica M Type 262 pour la photographie de rue ;
  • un Voigtländer Ultron 35 mm f/1,7 en monture Leica M.

Auparavant, il avait également travaillé avec les Fujifilm X-T1 et X100T.

Pourquoi les appareils Fujifilm conviennent-ils à la photographie de rue ?

Hervé Chatel apprécie particulièrement l’ergonomie de la série Fujifilm X-T. Les principales commandes disposent de molettes physiques accessibles directement sur le boîtier.

Le photographe peut ainsi vérifier rapidement :

  • la vitesse d’obturation ;
  • la sensibilité ISO ;
  • la correction d’exposition ;
  • l’ouverture lorsque l’objectif possède une bague dédiée ;
  • le mode de prise de vue.

Cette organisation limite les passages dans les menus. Elle aide donc le photographe à rester concentré sur la scène.

Le viseur électronique joue également un rôle important. Il permet de visualiser l’exposition et les contrastes avant le déclenchement.

Pourquoi passer d’un Fujifilm à un Leica télémétrique ?

Après avoir maîtrisé ses appareils Fujifilm, Hervé Chatel souhaite découvrir une autre expérience de prise de vue.

Il achète alors un Leica M Type 262 d’occasion et un objectif Voigtländer Ultron de 35 mm.

Un appareil télémétrique fonctionne différemment d’un hybride. La mise au point repose sur la superposition de deux images dans une petite zone du viseur.

Cette méthode demande davantage d’anticipation. Cependant, elle encourage aussi une prise de vue plus lente et plus attentive.

Hervé Chatel utilise ensuite principalement ce duo pour poursuivre sa série « Paris Color ».

Photographie parisienne en couleur réalisée par Hervé Chatel

Dans « Paris Color », Hervé Chatel utilise la couleur comme une véritable structure graphique. © Hervé Chatel

Pourquoi utiliser une focale fixe en photographie de rue ?

Hervé Chatel privilégie les focales fixes plutôt que les zooms. Cette contrainte l’oblige à se déplacer pour modifier son cadrage.

Grâce à une utilisation régulière de la même focale, le photographe finit par connaître son angle de champ sans regarder dans le viseur.

Il peut alors anticiper la composition avant même de porter l’appareil à son œil.

Une focale fixe apporte plusieurs avantages :

  • un équipement généralement plus compact ;
  • une ouverture lumineuse selon l’objectif ;
  • une meilleure connaissance du cadrage ;
  • moins d’hésitation au moment de déclencher ;
  • une plus grande cohérence entre les images ;
  • une présence plus mobile dans la rue.

Quelle focale choisir pour la photographie de rue ?

Le choix dépend de la distance que le photographe souhaite maintenir avec son sujet et de la place accordée au décor.

Une focale équivalente à 24 mm produit un cadre très large. Elle convient aux espaces étroits et aux compositions dans lesquelles l’architecture occupe une place importante.

Le 35 mm offre un équilibre entre le sujet et son environnement. Il reste donc très utilisé en photographie documentaire et en photographie de rue.

Enfin, le 50 mm resserre davantage le cadrage. Il permet d’isoler une silhouette ou un détail tout en conservant une perspective naturelle.

Comment Hervé Chatel construit-il une photographie ?

Une photographie de rue peut sembler entièrement spontanée. Pourtant, certaines images demandent une préparation et une longue attente.

Hervé Chatel décrit notamment une scène réalisée près de la place du Palais-Royal, à Paris.

En fin d’après-midi, après avoir marché sous une belle lumière de septembre, il remarque un couloir lumineux qui traverse le sol.

Il ne déclenche pas immédiatement. Il commence par tourner autour de la lumière afin d’identifier le meilleur point de vue.

Ensuite, il prépare précisément son appareil :

  1. Il choisit le cadrage.
  2. Il expose l’image pour préserver les hautes lumières.
  3. Il réalise la mise au point télémétrique.
  4. Il repère une marque au sol correspondant à la zone nette.
  5. Il attend qu’une personne entre dans la lumière.

Après une vingtaine de minutes, une femme élégante vêtue de jaune traverse enfin le rayon lumineux.

La couleur de ses vêtements apporte alors l’élément essentiel qui manquait à la composition.

Femme en jaune traversant un rayon lumineux dans une photographie d’Hervé Chatel

Après avoir préparé son cadre, Hervé Chatel attend qu’une femme en jaune traverse la lumière. © Hervé Chatel

Pourquoi exposer pour les hautes lumières ?

Dans une scène très contrastée, la zone éclairée peut rapidement devenir entièrement blanche. Les détails disparaissent alors définitivement.

En exposant pour les hautes lumières, le photographe protège la partie la plus claire de l’image. Les zones sombres deviennent plus profondes et renforcent la forme du rayon lumineux.

Cette méthode convient particulièrement aux compositions construites autour :

  • d’une silhouette dans un rayon de soleil ;
  • d’une ombre très marquée ;
  • d’une entrée de bâtiment éclairée ;
  • d’un reflet lumineux dans une vitrine ;
  • d’un contraste entre intérieur et extérieur.

Cependant, le photographe doit vérifier que les zones sombres restent cohérentes avec son intention. Une sous-exposition excessive peut supprimer des informations importantes.

La patience est-elle indispensable en photographie de rue ?

Oui. Un photographe peut marcher pendant plusieurs heures sans produire une image réellement forte.

À l’inverse, plusieurs situations intéressantes peuvent apparaître pendant une courte promenade.

La chance joue donc un rôle. Toutefois, elle ne suffit pas. Le photographe augmente ses possibilités lorsqu’il :

  • sort régulièrement avec son appareil ;
  • marche lentement et observe les détails ;
  • revient plusieurs fois dans les mêmes lieux ;
  • analyse la direction de la lumière ;
  • prépare son appareil avant l’action ;
  • accepte d’attendre devant une composition prometteuse.

La photographie de rue repose donc sur un équilibre entre préparation, intuition et hasard.

Comment préparer ses réglages avant de photographier ?

Dans la rue, une scène peut disparaître avant que le photographe termine ses réglages. Il doit donc préparer une configuration adaptée à la lumière disponible.

Une méthode simple consiste à :

  1. choisir une sensibilité ISO adaptée à la luminosité ;
  2. sélectionner une vitesse suffisamment rapide pour les passants ;
  3. régler l’ouverture selon la profondeur de champ recherchée ;
  4. activer une correction d’exposition si la scène reste très contrastée ;
  5. choisir le mode de mise au point ;
  6. vérifier régulièrement les hautes lumières.

Cependant, il n’existe pas un réglage universel. Une scène nocturne, une rue très lumineuse et un passage couvert demanderont des paramètres différents.

Comment pratiquer la mise au point anticipée ?

La mise au point anticipée consiste à régler la netteté sur une distance déterminée avant l’arrivée du sujet.

Cette méthode convient particulièrement lorsqu’un photographe a déjà choisi son cadre et sait précisément où la personne devra passer.

Il peut utiliser une marque au sol, le bord d’un trottoir ou un élément architectural comme repère.

Ensuite, il attend que le sujet atteigne cette zone avant de déclencher.

Pour augmenter la marge de netteté, le photographe peut également fermer légèrement le diaphragme. Cependant, une petite ouverture demande davantage de lumière ou une sensibilité ISO plus élevée.

Comment progresser en photographie de rue ?

La pratique régulière reste indispensable. Plus le photographe utilise son appareil, plus il réagit rapidement lorsqu’une situation apparaît.

Pour progresser, vous pouvez suivre plusieurs étapes :

  1. Choisissez une zone limitée ou un trajet précis.
  2. Utilisez régulièrement la même focale.
  3. Observez d’abord la lumière avant de chercher un sujet.
  4. Travaillez une journée uniquement en noir et blanc.
  5. Consacrez ensuite une autre sortie aux associations de couleurs.
  6. Revenez plusieurs fois au même endroit.
  7. Analysez vos planches-contact après chaque sortie.
  8. Construisez une série plutôt qu’une accumulation d’images isolées.

Photographier un lieu plutôt que chercher partout

Rester dans une zone précise permet d’observer plus attentivement les variations.

La lumière évolue, les passants changent et de nouvelles interactions apparaissent. Un même décor peut donc produire plusieurs photographies totalement différentes.

En revenant régulièrement, le photographe comprend également les horaires les plus intéressants et les mouvements habituels du lieu.

Comment organiser une série photographique ?

Une série ne doit pas rassembler uniquement les meilleures images prises séparément. Les photographies doivent aussi fonctionner ensemble.

Pour construire une sélection cohérente :

  1. Rassemblez toutes les images liées au projet.
  2. Éliminez les doublons et les photographies trop faibles.
  3. Identifiez les thèmes qui reviennent régulièrement.
  4. Regroupez les images par lumière, couleur ou situation.
  5. Variez les plans larges et les cadrages plus serrés.
  6. Testez plusieurs ordres.
  7. Demandez un regard extérieur.
  8. Laissez reposer la sélection avant de la reprendre.

La première image doit permettre au spectateur d’entrer dans le projet. Enfin, la dernière doit conserver une force suffisante pour prolonger la série dans sa mémoire.

Le travail documentaire actuel d’Hervé Chatel

Depuis l’interview initialement publiée en 2020, Hervé Chatel poursuit son travail de photographe documentaire et de photojournaliste.

Son approche reste sensible et immersive. Il s’intéresse aux réalités sociales, aux métiers, aux traditions et aux personnes dont le quotidien reste parfois peu visible.

Ses photographies sont publiées dans la presse et diffusées par l’agence Hans Lucas. Son travail a également été présenté dans plusieurs festivals photographiques en France et à l’étranger.

La photographie de rue demeure néanmoins importante dans son parcours. Elle lui a appris à observer, à composer et à déclencher rapidement.

FAQ sur Hervé Chatel et la photographie de rue

Qui est Hervé Chatel ?

Hervé Chatel est un photographe autodidacte basé à Paris. Il travaille principalement dans la photographie documentaire, le photojournalisme et la photographie de rue.

Qu’est-ce que la série « Kafka sur la Ville » ?

« Kafka sur la Ville » est une série en noir et blanc commencée en 2016. Elle révèle le caractère étrange et parfois fantastique de scènes urbaines ordinaires.

Qu’est-ce que la série « Paris Color » ?

« Paris Color » est une série consacrée aux associations de couleurs, aux lumières et aux silhouettes rencontrées dans les rues de Paris.

Quel matériel Hervé Chatel utilisait-il pendant l’interview ?

En 2020, il mentionnait notamment les Fujifilm X-T2 et X-T3 pour le reportage ainsi qu’un Leica M Type 262 accompagné d’un Voigtländer Ultron 35 mm f/1,7 pour la photographie de rue.

Pourquoi utilise-t-il des focales fixes ?

Les focales fixes l’obligent à se déplacer et lui permettent de connaître précisément son angle de champ. Elles favorisent également un équipement compact et une plus grande cohérence visuelle.

Quelle focale choisir pour débuter en photographie de rue ?

Une focale équivalente à 35 mm constitue un choix polyvalent. Elle permet de photographier une personne tout en conservant suffisamment d’informations sur son environnement.

Pourquoi photographier avec un petit appareil ?

Un appareil compact se transporte plus facilement pendant plusieurs heures. Il attire également moins l’attention et aide le photographe à rester mobile.

Comment anticiper une scène dans la rue ?

Choisissez d’abord le cadre et la lumière. Préparez ensuite l’exposition et la mise au point avant d’attendre qu’un passant entre dans la zone souhaitée.

Comment exposer une scène très contrastée ?

Protégez généralement les hautes lumières afin de conserver leurs détails. Contrôlez ensuite que les ombres correspondent bien au rendu recherché.

Faut-il demander l’autorisation pour photographier dans la rue ?

La prise de vue et la diffusion ne répondent pas toujours aux mêmes règles. Le photographe doit respecter la dignité des personnes et vérifier les conditions de publication selon le contexte et l’utilisation prévue.

Comment construire une série sur plusieurs années ?

Photographiez régulièrement, classez précisément les fichiers et revenez souvent dans vos archives. Faites évoluer la sélection lorsque votre regard ou la direction du projet change.

Observer avant de déclencher

Le travail d’Hervé Chatel montre que la photographie de rue ne dépend pas uniquement de la rapidité.

L’observation et la patience jouent un rôle tout aussi important. Le photographe peut identifier une composition, préparer ses réglages puis attendre que le hasard apporte l’élément humain nécessaire.

Enfin, la construction d’une série demande du temps. Le noir et blanc, la couleur, le matériel et les techniques évoluent, mais la curiosité pour le quotidien reste au centre de son approche.

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Interview et photographies : Hervé Chatel.

Diffusion professionnelle :

Hans Lucas


Interview initialement publiée le 23 juin 2020 et mise à jour par l’équipe PROPHOT.

Prophot Écrit par :

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