Maïté Baldi est une photographe documentaire qui explore les territoires, les parcours humains et ce qui se cache derrière les apparences. Avec son projet Genesis, elle relie la Provence, le ciel et la question de nos origines.
Ce travail débute en janvier 2019. La photographe participe alors à une résidence artistique de trois semaines dans le Pays de Forcalquier.
Cependant, elle ne souhaite pas seulement décrire un lieu. Elle cherche plutôt à comprendre les liens entre la terre, les habitants et l’univers.

Qui est Maïté Baldi ?
Maïté Baldi développe une photographie documentaire attentive aux personnes et aux territoires.
Son travail cherche notamment à dépasser la surface des choses. Ainsi, elle s’intéresse aux histoires individuelles, aux croyances et aux questions de société.
Son approche réunit plusieurs pratiques :
- la photographie documentaire ;
- le photojournalisme ;
- le reportage ;
- la photographie de rue ;
- le portrait ;
- les projets artistiques au long cours.
Malgré cette diversité, un même fil conducteur apparaît. Maïté Baldi cherche toujours à comprendre ce qui donne du sens à une situation.
Comment est né le projet Genesis ?
Genesis commence pendant une résidence artistique organisée dans le Pays de Forcalquier.
Le thème proposé est celui du territoire. Toutefois, la zone à explorer couvre plus de 800 km².
La photographe doit donc trouver un angle précis. Elle ne peut pas documenter chaque village, chaque paysage et chaque habitant en seulement trois semaines.
Au cours de ses recherches, elle découvre une création sonore consacrée au ciel de Provence. Une astrophysicienne y explique que les éléments qui composent notre corps proviennent d’anciennes étoiles.
Cette idée provoque un déclic. Dès lors, Maïté Baldi décide d’aborder le territoire à travers la question de l’origine.

Pourquoi relier le territoire et l’univers ?
Le projet repose sur une idée simple. Les êtres humains, les animaux, les plantes et les paysages partagent les mêmes éléments fondamentaux.
Par conséquent, observer le ciel revient aussi à regarder une partie de nos origines.
Maïté Baldi utilise cette réflexion pour dépasser la représentation géographique du territoire.
Elle s’intéresse alors à plusieurs dimensions :
- le territoire physique ;
- le territoire intime ;
- les paysages de Provence ;
- les croyances religieuses ;
- les connaissances scientifiques ;
- les relations entre les habitants et leur environnement ;
- la place de l’être humain dans l’univers.
Le projet ne donne pas une réponse définitive. Au contraire, il laisse plusieurs interprétations possibles.
Le Pays de Forcalquier comme terrain d’expérimentation
Le Pays de Forcalquier offre des paysages calcaires, des terres sèches et de nombreux édifices religieux.
De plus, la montagne de Lure structure une grande partie du territoire. Les chapelles, les oratoires et les villages ajoutent aussi une dimension spirituelle.
Maïté Baldi photographie donc le territoire du lever du jour jusqu’à la nuit.
Elle observe notamment :
- les reliefs ;
- les constructions ;
- les habitants ;
- les traces de croyances ;
- les détails du sol ;
- les changements de lumière ;
- le ciel nocturne.
Ainsi, les images passent parfois du très proche au très lointain. Un détail terrestre peut précéder une photographie de galaxie.

Une investigation sur l’origine et le sens
Genesis pose plusieurs questions. D’où venons-nous ? Qu’est-ce qui nous donne vie ? Que partageons-nous avec le monde qui nous entoure ?
La science, la philosophie et la religion proposent des réponses différentes.
Pourtant, Maïté Baldi ne cherche pas à opposer ces domaines. Elle préfère observer ce qui peut les rapprocher.
Son travail s’intéresse donc à la matière, mais aussi à l’invisible. Cette approche permet de créer des images ouvertes et parfois mystérieuses.
Quel matériel utilisait Maïté Baldi ?
Lors de l’interview de 2019, Maïté Baldi travaillait principalement avec un appareil Nikon plein format.
Elle utilisait aussi un objectif fixe de 35 mm. Cette focale représentait alors son choix principal.
Son équipement comprenait également :
- un appareil Nikon plein format ;
- un objectif fixe de 35 mm ;
- un Fujifilm X100T ;
- un flash cobra ;
- des gélatines de couleur ;
- un télescope pour certaines images astronomiques.
Cette liste correspond au matériel cité pendant l’interview. Son équipement professionnel a donc pu évoluer depuis.

Pourquoi choisir un objectif de 35 mm ?
Le 35 mm offre un angle assez large pour montrer une personne dans son environnement.
Cependant, il reste plus naturel qu’un ultra grand-angle. Les déformations restent donc limitées lorsque le photographe travaille près de son sujet.
Cette focale convient notamment :
- au reportage ;
- à la photographie de rue ;
- au portrait environnemental ;
- aux scènes de vie ;
- aux paysages ;
- aux projets documentaires.
Une focale fixe pousse aussi le photographe à se déplacer. Ainsi, le cadrage se construit davantage avec le corps.
Le Fujifilm X100T comme appareil complémentaire
Le Fujifilm X100T possède un objectif fixe équivalent à un 35 mm en plein format.
Son format compact facilite donc les déplacements. De plus, son apparence discrète convient aux situations documentaires.
Un appareil léger permet de photographier plus longtemps. Il attire également moins l’attention qu’un équipement imposant.
Toutefois, le choix d’un appareil dépend toujours du projet. Le confort et la relation avec les personnes restent aussi importants que les caractéristiques techniques.
Pourquoi utiliser un flash cobra et des gélatines ?
Le flash cobra apporte une source de lumière mobile. Il peut éclairer un sujet lorsque la lumière naturelle devient insuffisante.
Les gélatines modifient ensuite la couleur du flash. Elles permettent donc de créer une ambiance ou de rapprocher sa température de celle du décor.
Maïté Baldi peut ainsi :
- ajouter une couleur dans une scène sombre ;
- séparer un sujet de l’arrière-plan ;
- renforcer une atmosphère ;
- équilibrer plusieurs sources lumineuses ;
- créer une image moins descriptive ;
- faire apparaître une dimension plus étrange.
Néanmoins, l’effet doit rester cohérent avec l’intention du projet. Une couleur trop forte peut détourner l’attention du sujet.

Comment photographier une galaxie avec un télescope ?
Pour certaines images, Maïté Baldi travaille avec le Centre Astro de Saint-Michel-l’Observatoire.
Son appareil est alors fixé sur un télescope installé sous une coupole. Un ordinateur pilote ensuite le dispositif.
Cette méthode demande plusieurs précautions :
- aligner correctement le télescope ;
- réaliser une mise au point très précise ;
- limiter les vibrations ;
- suivre le mouvement apparent du ciel ;
- adapter le temps de pose ;
- contrôler le bruit numérique ;
- assembler plusieurs images lorsque cela devient nécessaire.
La photographie astronomique impose donc une méthode différente du reportage. Pourtant, elle reste cohérente avec la recherche de Genesis.

Comment Maïté Baldi est-elle arrivée à la photographie ?
Entre 2011 et 2012, Maïté Baldi vit plusieurs mois au sein d’une communauté kichwa en Amazonie équatorienne.
Elle termine alors un master consacré à la coopération internationale.
Cependant, la réalité rencontrée ne correspond pas à ses attentes. Elle commence donc à documenter ce qu’elle observe.
À cette période, elle ne possède pas encore de démarche photographique définie. Elle utilise simplement son appareil face aux situations qui la surprennent.
Ensuite, elle rentre en Europe et rejoint Bruxelles. Elle se forme alors à l’École de photographie et de techniques visuelles Agnès Varda.
Photographier ce qui ne se voit pas
La photographie montre normalement des personnes, des objets et des paysages visibles.
Pourtant, Maïté Baldi cherche aussi à évoquer des idées invisibles. Elle s’intéresse au sens, à la mémoire, aux croyances et aux motivations humaines.
Cette démarche repose sur plusieurs questions :
- Pourquoi les choses sont-elles ainsi ?
- Qu’est-ce qui pousse une personne à agir ?
- Que trouve-t-on derrière les apparences ?
- Comment un territoire influence-t-il ses habitants ?
- Comment représenter une idée avec une image ?
De cette manière, le visible devient une porte d’entrée vers une réflexion plus large.

Quelles sont ses sources d’inspiration ?
Pour Genesis, les principales inspirations de Maïté Baldi ne viennent pas directement de la photographie.
Elle se laisse notamment guider par ses lectures et par les textes de Jean Giono.
L’écrivain entretient un lien fort avec les paysages de Provence. Ses textes accordent aussi une place importante à la nature et à l’unité du vivant.
Maïté Baldi découvre ensuite le film Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán.
Ce documentaire relie l’astronomie, le désert d’Atacama et la mémoire politique du Chili. Ainsi, il rejoint certaines questions présentes dans Genesis.
Des références photographiques variées
Plus largement, Maïté Baldi apprécie des photographes issus de plusieurs courants.
Elle cite notamment :
- Alex Webb ;
- Alec Soth ;
- Josef Koudelka ;
- Martin Parr ;
- Harry Gruyaert ;
- Lauren Greenfield ;
- Alessandra Sanguinetti.
Ces références réunissent le documentaire, la couleur, le portrait et la narration photographique.

Comment construire un projet photographique sur un territoire ?
Un projet de territoire demande d’abord une phase de recherche. Le photographe doit comprendre le lieu avant de produire une série.
Une méthode simple peut suivre ces étapes :
- Définissez la question principale du projet.
- Étudiez l’histoire et la géographie du lieu.
- Rencontrez les personnes qui y vivent.
- Observez le territoire à plusieurs heures.
- Alternez les plans larges et les détails.
- Enregistrez des notes ou des sons.
- Classez régulièrement les photographies.
- Repérez les thèmes qui reviennent.
- Écartez les images qui répètent la même idée.
- Construisez enfin un ordre de lecture.
Toutefois, le projet doit aussi conserver une part d’intuition. Une rencontre inattendue peut modifier toute la direction du travail.
Pourquoi associer la photographie et le son ?
La résidence de Maïté Baldi ne repose pas uniquement sur l’image.
Le son apporte une autre perception du territoire. Il transmet les voix, les silences et les ambiances qui échappent à la photographie.
Une création associant image et son peut notamment intégrer :
- des témoignages ;
- des bruits naturels ;
- des sons de villages ;
- des lectures ;
- des éléments scientifiques ;
- des silences ;
- une narration enregistrée.
Ainsi, le spectateur ne regarde plus seulement une exposition. Il entre dans une expérience plus immersive.

Comment créer une série cohérente ?
Une série cohérente ne montre pas seulement de belles images. Chaque photographie doit aussi participer au récit général.
Pour organiser un projet comme Genesis :
- conservez une intention claire ;
- variez les échelles ;
- alternez les personnes et les paysages ;
- contrôlez les répétitions ;
- travaillez les transitions ;
- observez la cohérence des couleurs ;
- laissez certaines images créer des questions.
Enfin, l’ordre des images influence fortement la lecture. Une photographie peut changer de sens selon celle qui la précède.
Les erreurs à éviter dans un projet documentaire
Photographier sans faire de recherches
Une préparation insuffisante produit souvent des images superficielles. Prenez donc le temps de comprendre le territoire.
Utiliser toujours la même distance
Alternez les vues générales, les portraits et les détails. Cette variété enrichit le récit.
Accumuler trop de photographies similaires
Une série gagne en force lorsqu’elle évite les répétitions. Sélectionnez seulement les images réellement utiles.
Imposer une idée avant les rencontres
Le terrain peut contredire les premières hypothèses. Il faut donc accepter de modifier son projet.
Négliger les personnes photographiées
Expliquez clairement votre démarche. De plus, respectez toujours leur parole et les conditions convenues.
Donner trop d’importance au matériel
Un appareil performant ne remplace pas une intention claire. Le sujet, le temps et la relation humaine restent prioritaires.
Que devient le travail de Maïté Baldi ?
Maïté Baldi poursuit aujourd’hui son activité de photographe documentaire et de photo-reporter.
Basée à Marseille, elle travaille pour la presse, des organisations internationales et des institutions.
Ses projets actuels s’intéressent notamment :
- aux parcours de vie singuliers ;
- aux questions de société ;
- aux normes de beauté ;
- au vieillissement de la population ;
- à la mémoire ;
- aux territoires ;
- à la photographie documentaire.
Sa démarche continue donc d’associer le reportage, la recherche et une forte attention aux personnes.

FAQ sur Maïté Baldi et le projet Genesis
Qui est Maïté Baldi ?
Maïté Baldi est une photographe documentaire et photo-reporter basée à Marseille.
Qu’est-ce que le projet Genesis ?
Genesis est une série réalisée à partir de 2019 dans le Pays de Forcalquier. Elle relie le territoire, le ciel et la question de nos origines.
Où le projet Genesis a-t-il commencé ?
Le projet commence lors d’une résidence artistique de trois semaines dans le Pays de Forcalquier, en Provence.
Quel matériel utilisait Maïté Baldi ?
En 2019, elle utilisait principalement un Nikon plein format, un objectif fixe de 35 mm et un Fujifilm X100T.
Pourquoi utiliser un objectif de 35 mm ?
Le 35 mm permet de montrer un sujet dans son environnement tout en conservant une perspective naturelle.
A-t-elle utilisé un flash pour Genesis ?
Oui. Elle a parfois utilisé un flash cobra accompagné de gélatines de couleur.
Comment les galaxies ont-elles été photographiées ?
Son appareil a été fixé sur un télescope du Centre Astro de Saint-Michel-l’Observatoire.
Quelle est la démarche de Maïté Baldi ?
Elle utilise la photographie pour explorer les personnes, les territoires, la mémoire et ce qui existe derrière les apparences.
Quelles sont ses principales influences ?
Elle cite notamment Jean Giono, Patricio Guzmán, Alex Webb, Alec Soth, Josef Koudelka et Harry Gruyaert.
Où découvrir son travail actuel ?
Son portfolio officiel présente ses séries documentaires, ses reportages et ses commandes professionnelles.
Genesis, de la terre jusqu’au ciel
Genesis montre qu’un territoire ne se limite pas à ses frontières géographiques.
Il contient aussi des récits, des croyances, des souvenirs et des relations humaines.
Grâce à la photographie, Maïté Baldi relie ces différents éléments. Elle passe ainsi du sol provençal aux galaxies observées depuis un télescope.
Enfin, la série ne cherche pas à imposer une réponse. Elle invite plutôt le spectateur à réfléchir à ses propres origines.
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Interview et photographies : Maïté Baldi.
Projet présenté : Genesis.
Interview initialement publiée le 12 juin 2019 et mise à jour le 29/07/2026 par Enzo de l’équipe PROPHOT.

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