Interview d’Agathe Monnot, Photographe

Agathe Monnot est une photographe française qui utilise l’argentique pour explorer les paysages et les sensations liés au voyage.

Dans la série That Country I Call Home, elle documente l’Écosse après s’y être installée.

La photographie devient alors un moyen de découvrir le territoire, mais aussi de passer progressivement du statut de visiteuse à celui d’habitante.

Photographie argentique d’Écosse par Agathe Monnot

La série That Country I Call Home documente l’appropriation progressive d’un nouveau territoire. © Agathe Monnot

Agathe Monnot et la série That Country I Call Home

Agathe Monnot vit en Écosse depuis près de deux ans au moment de l’interview.

Elle photographie ses déplacements à travers le pays. Ainsi, chaque voyage lui permet de mieux comprendre les lieux, la lumière et les habitants.

Le projet ne cherche pas seulement à montrer de beaux paysages. Il évoque aussi le sentiment d’appartenance et l’expérience de l’expatriation.

Paysage écossais photographié à l’argentique par Agathe Monnot

L’argentique apporte une matière et une temporalité particulières au récit. © Agathe Monnot

Pourquoi choisir la photographie argentique ?

L’argentique impose un rythme plus lent. Le nombre de vues reste limité et le résultat n’apparaît pas immédiatement.

Cette contrainte encourage la photographe à observer avant de déclencher.

Elle doit aussi anticiper :

  • l’exposition ;
  • la lumière disponible ;
  • le nombre de vues restantes ;
  • le rendu de la pellicule ;
  • le développement et la numérisation.

Le Canon AE-1 et le 50 mm

Agathe Monnot utilise un Canon AE-1 plus ancien qu’elle. Elle l’accompagne d’un objectif fixe de 50 mm.

Cette focale offre une perspective naturelle. Elle convient donc au paysage, au portrait et aux scènes du quotidien.

En revanche, l’absence de zoom oblige à se déplacer. Le cadrage se construit alors avec le corps.

Scène écossaise au Canon AE-1 et au 50 mm

La focale fixe pousse la photographe à choisir précisément sa position. © Agathe Monnot

Pourquoi ne pas recadrer après la prise de vue ?

Agathe Monnot considère le cadre comme une décision prise au moment du déclenchement.

Elle accepte donc qu’une image ne puisse pas être réalisée lorsque la focale ou la position l’empêche.

Cette méthode apporte plusieurs avantages :

  • une intention plus claire ;
  • une meilleure discipline de cadrage ;
  • une cohérence entre les photographies ;
  • une utilisation complète du négatif.

Le rendu de la Kodak Portra

La photographe utilise souvent de la Kodak Portra. Cette famille de films est appréciée pour ses tons doux et son rendu des couleurs.

Toutefois, le choix de la pellicule dépend du projet. Une sensibilité plus élevée facilite les scènes sombres, mais augmente aussi le grain.

Photographie de voyage argentique en Écosse

Le film et la lumière participent directement à l’atmosphère de la série. © Agathe Monnot

Du design graphique à la photographie

Agathe Monnot découvre la photographie pendant ses études de design graphique aux Beaux-Arts de Rennes.

Elle passe alors beaucoup de temps au laboratoire et à scanner ses pellicules.

Après son diplôme, elle effectue un stage chez une photographe. Elle devient ensuite photographe de studio et développe ses projets personnels pendant ses voyages.

Ses principales influences

Agathe Monnot cite Diane Arbus, Viviane Sassen, Cindy Sherman, Vivian Maier et Chick Chalmers.

Ces références associent portrait, mise en scène, rue et exploration d’un territoire.

Dernière image de la série d’Agathe Monnot en Écosse

La série mêle observation, voyage et sentiment d’appartenance. © Agathe Monnot

FAQ sur Agathe Monnot

Quel appareil utilise Agathe Monnot ?

Elle utilise un Canon AE-1 accompagné d’un objectif fixe de 50 mm.

Quelle pellicule choisit-elle le plus souvent ?

Elle utilise fréquemment de la Kodak Portra, tout en variant les films selon le rendu recherché.

Pourquoi photographie-t-elle l’Écosse ?

La série lui permet de comprendre et de s’approprier le pays dans lequel elle s’est installée.

Recadre-t-elle ses images ?

Non. Elle souhaite conserver le cadrage choisi au moment de la prise de vue.

Quelles sont ses influences ?

Elle cite notamment Diane Arbus, Viviane Sassen, Cindy Sherman, Vivian Maier et Chick Chalmers.

Crédit : Agathe Monnot.

Sujet présenté : That Country I Call Home.


Interview initialement publiée le 12 juillet 2018 et mise à jour le 30/07/2026 par Enzo de l’équipe PROPHOT.

Prophot Écrit par :

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