{"id":4296,"date":"2021-04-07T09:24:46","date_gmt":"2021-04-07T08:24:46","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.prophot.com\/?p=4296"},"modified":"2026-07-28T11:25:47","modified_gmt":"2026-07-28T10:25:47","slug":"interview-de-juan-jerez-del-valle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/prophot.live\/blog\/interview-de-juan-jerez-del-valle\/","title":{"rendered":"Interview de Juan Jerez del valle"},"content":{"rendered":"<article class=\"prophot-article prophot-interview-juan-jerez\">\u00c0 travers sa s\u00e9rie <strong>Traslato<\/strong>, le photographe <strong>Juan Jerez del Valle<\/strong> explore la photographie de rue, le temps et la m\u00e9moire. Pendant cinq ans, il a photographi\u00e9 presque quotidiennement les passants rencontr\u00e9s rue de la Roquette, dans le 11e arrondissement de Paris.<\/p>\n<p>Pourtant, le projet ne reposait pas sur un sc\u00e9nario d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance. Juan Jerez a d\u2019abord accumul\u00e9 des images spontan\u00e9es, souvent sans les regarder imm\u00e9diatement. Ensuite, l\u2019exploration de ses archives a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des gestes, des attitudes et des silhouettes qui semblaient se r\u00e9p\u00e9ter.<\/p>\n<p>Dans cette interview, il revient sur la naissance de la s\u00e9rie, son rapport aux souvenirs, son passage du reflex aux appareils Fujifilm et sa mani\u00e8re de photographier discr\u00e8tement dans la rue.<\/p>\n<aside style=\"margin: 28px 0; padding: 20px 22px; border-left: 4px solid #111111; background: #f7f7f7;\">\n<p style=\"margin: 0;\"><strong>\u00c0 retenir :<\/strong> la s\u00e9rie Traslato ne s\u2019est pas construite au moment de la prise de vue. Elle est apparue plus tard, lorsque Juan Jerez a rapproch\u00e9 des photographies s\u00e9par\u00e9es par plusieurs semaines ou plusieurs mois.<\/p>\n<\/aside>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\" style=\"margin: 32px 0; text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display: block; width: 100%; max-width: 1024px; height: auto; margin: 0 auto;\" src=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Oy5j22Fg-1024x768.jpeg\" alt=\"Photographie de rue issue de la s\u00e9rie Traslato de Juan Jerez del Valle\" width=\"1024\" height=\"768\" \/><figcaption style=\"margin-top: 9px; font-size: 14px; line-height: 1.5;\">La s\u00e9rie Traslato rapproche des instants photographi\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment dans les rues de Paris. \u00a9 Juan Jerez<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Comment est n\u00e9e la s\u00e9rie de photographie de rue Traslato ?<\/h2>\n<p>Pendant cinq ans, Juan Jerez parcourait chaque jour la rue de la Roquette pour rejoindre son studio. Le trajet repr\u00e9sentait environ 1,5 kilom\u00e8tre entre son domicile et son lieu de travail.<\/p>\n<p>Au fil de ces d\u00e9placements, il a commenc\u00e9 \u00e0 photographier les passants. Cette pratique est progressivement devenue un rituel. Il observait une attitude, un v\u00eatement, une lumi\u00e8re ou un mouvement, puis d\u00e9clenchait rapidement.<\/p>\n<p>La plupart du temps, il transf\u00e9rait simplement les fichiers sur un disque dur \u00e0 la fin de la journ\u00e9e. Il ne r\u00e9alisait pas toujours une s\u00e9lection et ne cherchait pas encore \u00e0 organiser les images dans une s\u00e9rie.<\/p>\n<p>Cependant, ses archives ont continu\u00e9 \u00e0 grandir. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es, Juan a compris que cette accumulation contenait peut-\u00eatre un projet plus vaste.<\/p>\n<h2>Une s\u00e9rie photographique d\u00e9couverte par hasard<\/h2>\n<p>Un jour, Juan Jerez a photographi\u00e9 une jeune femme aux cheveux rouges qui transportait ses courses. Son attitude lui semblait \u00e9trangement famili\u00e8re.<\/p>\n<p>Il a alors recherch\u00e9 cette sensation dans ses archives. Cinq mois auparavant, presque au m\u00eame endroit, il avait photographi\u00e9 une autre femme avec une couleur de cheveux, une posture et un sac similaires.<\/p>\n<p>Pourtant, les deux personnes n\u2019avaient pas le m\u00eame \u00e2ge. Pr\u00e9sent\u00e9es ensemble, les images pouvaient \u00e9voquer une m\u00e8re et sa fille ou la m\u00eame personne photographi\u00e9e \u00e0 vingt ann\u00e9es d\u2019intervalle.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9couverte a chang\u00e9 sa mani\u00e8re de regarder ses fichiers. Juan ne recherchait plus uniquement les meilleures photographies prises s\u00e9par\u00e9ment. Il cherchait d\u00e9sormais des correspondances.<\/p>\n<p>Peu \u00e0 peu, des r\u00e9p\u00e9titions sont apparues :<\/p>\n<ul>\n<li>des gestes presque identiques ;<\/li>\n<li>des regards dirig\u00e9s dans la m\u00eame direction ;<\/li>\n<li>des v\u00eatements ou des couleurs similaires ;<\/li>\n<li>des silhouettes qui se r\u00e9pondent ;<\/li>\n<li>des objets port\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re ;<\/li>\n<li>des sc\u00e8nes \u00e9loign\u00e9es dans le temps, mais proches visuellement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ainsi, la s\u00e9rie <em>Traslato<\/em> a pris forme apr\u00e8s la prise de vue. Le montage et l\u2019exploration des archives ont transform\u00e9 une pratique quotidienne en v\u00e9ritable projet photographique.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\" style=\"margin: 32px 0; text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display: block; width: 100%; max-width: 1024px; height: auto; margin: 0 auto;\" src=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/fONCOw-1024x768.jpeg\" alt=\"Correspondances visuelles dans la s\u00e9rie de photographie de rue Traslato\" width=\"1024\" height=\"768\" \/><figcaption style=\"margin-top: 9px; font-size: 14px; line-height: 1.5;\">Les gestes, les couleurs et les attitudes cr\u00e9ent des liens entre des instants \u00e9loign\u00e9s. \u00a9 Juan Jerez<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Pourquoi les archives jouent-elles un r\u00f4le essentiel dans Traslato ?<\/h2>\n<p>Les photographies de la s\u00e9rie n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es pour r\u00e9pondre \u00e0 une liste ou \u00e0 un sc\u00e9nario pr\u00e9cis. Juan Jerez ne demandait pas aux passants de reproduire un mouvement et ne cherchait pas volontairement les m\u00eames situations.<\/p>\n<p>Le hasard occupait donc une place centrale au moment du d\u00e9clenchement. En revanche, la construction finale du projet demandait un important travail de s\u00e9lection.<\/p>\n<p>En examinant ses archives, le photographe pouvait comparer des milliers d\u2019images r\u00e9alis\u00e9es sur plusieurs ann\u00e9es. Il identifiait alors des similitudes invisibles au moment de la prise de vue.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche montre qu\u2019une photographie peut acqu\u00e9rir un nouveau sens lorsqu\u2019elle rejoint une autre image. Prise s\u00e9par\u00e9ment, elle documente un instant. Plac\u00e9e dans une paire ou une s\u00e9quence, elle raconte \u00e9galement le passage du temps.<\/p>\n<h3>Construire un projet photographique apr\u00e8s la prise de vue<\/h3>\n<p>Un projet peut donc na\u00eetre au moment du classement plut\u00f4t qu\u2019au moment du d\u00e9clenchement. Pour cela, le photographe doit prendre le temps de revenir r\u00e9guli\u00e8rement sur ses anciens fichiers.<\/p>\n<p>Des images jug\u00e9es ordinaires plusieurs ann\u00e9es auparavant peuvent devenir importantes lorsqu\u2019elles rejoignent une s\u00e9rie coh\u00e9rente.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, l\u2019archivage ne constitue pas seulement une \u00e9tape technique. Il participe aussi pleinement au processus cr\u00e9atif.<\/p>\n<h2>La photographie comme lien entre le temps et la m\u00e9moire<\/h2>\n<p>Juan Jerez entretient un rapport particulier avec le temps, les souvenirs et les lieux. Il a v\u00e9cu dans trois pays et cinq villes diff\u00e9rentes. Sa m\u00e9moire se compose donc d\u2019espaces g\u00e9ographiquement \u00e9loign\u00e9s.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la photographie, il peut cr\u00e9er des liens entre ces endroits et retrouver certaines sensations. Une couleur, une posture ou une lumi\u00e8re peut rappeler une sc\u00e8ne pass\u00e9e, m\u00eame lorsque les personnes et les villes diff\u00e8rent.<\/p>\n<p>Dans <em>Traslato<\/em>, la r\u00e9p\u00e9tition visuelle brouille \u00e9galement la chronologie. Deux images s\u00e9par\u00e9es par plusieurs mois semblent parfois appartenir au m\u00eame instant.<\/p>\n<p>Le projet \u00e9voque ainsi la mani\u00e8re dont la m\u00e9moire fonctionne. Elle ne conserve pas chaque \u00e9v\u00e9nement dans un ordre parfait. Au contraire, elle rapproche des fragments, oublie certains d\u00e9tails et cr\u00e9e de nouvelles associations.<\/p>\n<blockquote style=\"margin: 30px 0; padding: 22px 25px; border-left: 4px solid #111111; background: #f7f7f7; font-size: 18px; line-height: 1.6;\"><p>\u00ab La photographie me permet de trouver des chemins et des liens qui relient ces endroits \u00e9loign\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<footer style=\"margin-top: 10px; font-size: 14px;\">\u2014 Juan Jerez del Valle<\/footer>\n<\/blockquote>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\" style=\"margin: 32px 0; text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display: block; width: 100%; max-width: 1024px; height: auto; margin: 0 auto;\" src=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/U5ffMzDw-1024x768.jpeg\" alt=\"Temps et m\u00e9moire dans la s\u00e9rie photographique Traslato de Juan Jerez\" width=\"1024\" height=\"768\" \/><figcaption style=\"margin-top: 9px; font-size: 14px; line-height: 1.5;\">Les rapprochements visuels modifient notre perception du temps et des souvenirs. \u00a9 Juan Jerez<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Quel mat\u00e9riel Juan Jerez utilisait-il pour la s\u00e9rie Traslato ?<\/h2>\n<p>Le mat\u00e9riel utilis\u00e9 pendant le projet a \u00e9volu\u00e9 au fil des ann\u00e9es. Juan Jerez a d\u2019abord travaill\u00e9 avec un <strong>Nikon D750<\/strong>, un appareil reflex plein format.<\/p>\n<p>Ce bo\u00eetier lui apportait une bonne qualit\u00e9 d\u2019image. Cependant, son encombrement et le bruit du m\u00e9canisme reflex compliquaient sa recherche de discr\u00e9tion dans la rue.<\/p>\n<p>Il s\u2019est donc progressivement tourn\u00e9 vers des appareils Fujifilm plus compacts. Lors de l\u2019interview initialement publi\u00e9e en 2021, il citait notamment :<\/p>\n<ul>\n<li>le Fujifilm X-Pro2 ;<\/li>\n<li>le Fujifilm X100F ;<\/li>\n<li>le Fujifilm X-Pro3.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces appareils sans miroir lui permettaient de transporter plus facilement son \u00e9quipement. De plus, leur format plus discret attirait moins l\u2019attention dans l\u2019espace public.<\/p>\n<aside style=\"margin: 28px 0; padding: 20px 22px; border-left: 4px solid #111111; background: #f7f7f7;\">\n<p style=\"margin: 0;\"><strong>Important :<\/strong> cette liste correspond au mat\u00e9riel mentionn\u00e9 par Juan Jerez lors de l\u2019interview de 2021. Son \u00e9quipement professionnel a pu \u00e9voluer depuis cette date.<\/p>\n<\/aside>\n<h2>Pourquoi utiliser des focales fixes de 35 mm et 50 mm ?<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 les changements de bo\u00eetiers, Juan Jerez a conserv\u00e9 une habitude constante : travailler principalement avec deux focales fixes, un <strong>35 mm<\/strong> et un <strong>50 mm<\/strong>.<\/p>\n<p>Une focale fixe ne permet pas de modifier le cadrage en tournant une bague de zoom. Le photographe doit donc se d\u00e9placer ou anticiper la distance qui le s\u00e9parera du sujet.<\/p>\n<p>Cependant, cette contrainte devient un avantage avec l\u2019exp\u00e9rience. En utilisant r\u00e9guli\u00e8rement la m\u00eame focale, Juan peut pr\u00e9voir le cadrage avant m\u00eame de porter l\u2019appareil \u00e0 son \u0153il.<\/p>\n<p>Le 35 mm offre un angle suffisamment large pour int\u00e9grer l\u2019environnement autour d\u2019un passant. \u00c0 l\u2019inverse, le 50 mm permet de resserrer davantage la composition et d\u2019isoler certaines attitudes.<\/p>\n<p>Les focales fixes apportent aussi plusieurs b\u00e9n\u00e9fices en photographie de rue :<\/p>\n<ul>\n<li>un \u00e9quipement plus l\u00e9ger ;<\/li>\n<li>un appareil souvent plus discret ;<\/li>\n<li>une grande ouverture selon l\u2019objectif ;<\/li>\n<li>une meilleure connaissance de son cadre ;<\/li>\n<li>une coh\u00e9rence visuelle entre les photographies ;<\/li>\n<li>moins d\u2019h\u00e9sitation au moment de d\u00e9clencher.<\/li>\n<\/ul>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\" style=\"margin: 32px 0; text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display: block; width: 100%; max-width: 1024px; height: auto; margin: 0 auto;\" src=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Oe4H-jKA-1024x768.jpeg\" alt=\"Photographie spontan\u00e9e de la s\u00e9rie Traslato r\u00e9alis\u00e9e dans les rues de Paris\" width=\"1024\" height=\"768\" \/><figcaption style=\"margin-top: 9px; font-size: 14px; line-height: 1.5;\">La ma\u00eetrise d\u2019une focale fixe aide le photographe \u00e0 anticiper rapidement son cadrage. \u00a9 Juan Jerez<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Pourquoi photographier avec l\u2019appareil plac\u00e9 \u00e0 hauteur du bassin ?<\/h2>\n<p>Pour pr\u00e9server la spontan\u00e9it\u00e9 des sc\u00e8nes, Juan Jerez cherche \u00e0 ne pas attirer l\u2019attention au moment du d\u00e9clenchement.<\/p>\n<p>Il r\u00e9alise donc une partie de ses images avec l\u2019appareil plac\u00e9 \u00e0 hauteur du bassin. Cette position lui permet de photographier sans porter syst\u00e9matiquement le viseur \u00e0 son \u0153il.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode demande n\u00e9anmoins beaucoup de pratique. Le photographe doit anticiper plusieurs \u00e9l\u00e9ments :<\/p>\n<ul>\n<li>la distance entre l\u2019appareil et le sujet ;<\/li>\n<li>la largeur du cadrage ;<\/li>\n<li>la position probable de la personne dans l\u2019image ;<\/li>\n<li>la mise au point ;<\/li>\n<li>la lumi\u00e8re disponible ;<\/li>\n<li>le moment exact du d\u00e9clenchement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 son utilisation r\u00e9guli\u00e8re des m\u00eames focales, Juan conna\u00eet pr\u00e9cis\u00e9ment leur angle de champ. Il peut donc construire son cadre sans regarder constamment l\u2019\u00e9cran ou le viseur.<\/p>\n<h3>Pr\u00e9server le naturel de l\u2019instant<\/h3>\n<p>La pr\u00e9sence visible d\u2019un appareil modifie parfois le comportement d\u2019une personne. Le passant peut regarder l\u2019objectif, ralentir ou changer imm\u00e9diatement d\u2019attitude.<\/p>\n<p>En travaillant rapidement et discr\u00e8tement, Juan cherche \u00e0 conserver le mouvement initial. Son objectif consiste \u00e0 saisir une posture ordinaire avant qu\u2019elle ne se transforme en pose.<\/p>\n<p>Toutefois, la discr\u00e9tion ne dispense pas le photographe d\u2019adopter une d\u00e9marche respectueuse. Il doit tenir compte du contexte, de la personne photographi\u00e9e et des conditions de diffusion des images.<\/p>\n<h2>Comment Juan Jerez est-il arriv\u00e9 \u00e0 la photographie ?<\/h2>\n<p>Avant de devenir photographe, Juan Jerez s\u2019est longuement int\u00e9ress\u00e9 aux images \u00e0 travers l\u2019histoire de l\u2019art et l\u2019architecture.<\/p>\n<p>Pendant ses \u00e9tudes d\u2019histoire de l\u2019art \u00e0 Grenade, il observait de nombreuses reproductions de tableaux. Il s\u2019int\u00e9ressait particuli\u00e8rement \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 transmettre imm\u00e9diatement une \u00e9motion ou une id\u00e9e.<\/p>\n<p>Peu \u00e0 peu, il a appris \u00e0 lire une image \u00e0 travers :<\/p>\n<ul>\n<li>les ombres et les lumi\u00e8res ;<\/li>\n<li>les volumes ;<\/li>\n<li>les \u00e9l\u00e9ments visibles ;<\/li>\n<li>les parties volontairement laiss\u00e9es hors du cadre ;<\/li>\n<li>les relations entre les personnages ;<\/li>\n<li>le rythme de la composition.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il comprenait d\u00e9j\u00e0 ce langage visuel, mais ne poss\u00e9dait pas encore l\u2019outil qui lui permettrait de l\u2019utiliser personnellement.<\/p>\n<p>Ensuite, Juan s\u2019est install\u00e9 \u00e0 Rome pour \u00e9tudier l\u2019architecture. Il a alors d\u00e9couvert la photographie comme moyen d\u2019expression.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appareil, la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne est devenue pour lui une source d\u2019images en constante \u00e9volution. Il pouvait enfin utiliser les ombres, les lumi\u00e8res et les cadrages pour construire son propre langage.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9galement \u00e0 cette p\u00e9riode qu\u2019il a compris que sa place pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e se trouvait derri\u00e8re l\u2019appareil photo.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\" style=\"margin: 32px 0; text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display: block; width: 100%; max-width: 1024px; height: auto; margin: 0 auto;\" src=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/BP6GGY-Q-1024x768.jpeg\" alt=\"Composition urbaine issue du projet Traslato de Juan Jerez del Valle\" width=\"1024\" height=\"768\" \/><figcaption style=\"margin-top: 9px; font-size: 14px; line-height: 1.5;\">Son parcours en histoire de l\u2019art et en architecture influence directement ses compositions. \u00a9 Juan Jerez<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Quels artistes inspirent Juan Jerez ?<\/h2>\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences de Juan Jerez viennent de plusieurs disciplines. Le cin\u00e9ma, la peinture et la photographie nourrissent ensemble son regard.<\/p>\n<h3>Ses influences cin\u00e9matographiques<\/h3>\n<p>Juan cite notamment les r\u00e9alisateurs Michelangelo Antonioni et Federico Fellini. Leurs films accordent une place importante \u00e0 la composition, aux d\u00e9cors, au temps et aux comportements humains.<\/p>\n<h3>Ses influences picturales<\/h3>\n<p>La peinture de Diego Vel\u00e1zquez, du Caravage et de Titien participe \u00e9galement \u00e0 sa culture visuelle. Le traitement de la lumi\u00e8re, des ombres et des personnages rejoint plusieurs pr\u00e9occupations pr\u00e9sentes dans son travail photographique.<\/p>\n<h3>Les photographes qui nourrissent son regard<\/h3>\n<p>Juan Jerez s\u2019int\u00e9resse notamment au travail de :<\/p>\n<ul>\n<li>Irving Penn ;<\/li>\n<li>Walker Evans ;<\/li>\n<li>Garry Winogrand ;<\/li>\n<li>Sergio Larra\u00edn ;<\/li>\n<li>Chema Madoz ;<\/li>\n<li>Raymond Depardon ;<\/li>\n<li>Harry Gruyaert ;<\/li>\n<li>Jack Davison ;<\/li>\n<li>Elizaveta Porodina.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces r\u00e9f\u00e9rences restent vari\u00e9es. Pourtant, elles partagent souvent une attention particuli\u00e8re \u00e0 la lumi\u00e8re, \u00e0 la composition et \u00e0 la pr\u00e9sence humaine.<\/p>\n<h2>Comment cr\u00e9er sa propre s\u00e9rie de photographie de rue ?<\/h2>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de Juan Jerez montre qu\u2019un projet ne n\u00e9cessite pas toujours un concept enti\u00e8rement d\u00e9fini avant la premi\u00e8re image.<\/p>\n<p>Vous pouvez commencer par photographier r\u00e9guli\u00e8rement un m\u00eame lieu, un trajet ou un quartier. Ensuite, les r\u00e9p\u00e9titions et les th\u00e8mes appara\u00eetront progressivement.<\/p>\n<h3>Choisir un territoire limit\u00e9<\/h3>\n<p>Travailler dans une zone pr\u00e9cise aide \u00e0 approfondir le sujet. Juan a photographi\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es le m\u00eame trajet rue de la Roquette.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9gularit\u00e9, il pouvait observer les variations de lumi\u00e8re, les habitudes des passants et les transformations du quartier.<\/p>\n<h3>Photographier r\u00e9guli\u00e8rement<\/h3>\n<p>Une s\u00e9rie se d\u00e9veloppe rarement en une seule journ\u00e9e. La r\u00e9p\u00e9tition permet d\u2019accumuler des images et d\u2019am\u00e9liorer progressivement sa capacit\u00e9 d\u2019observation.<\/p>\n<p>M\u00eame une courte promenade peut devenir productive lorsqu\u2019elle se r\u00e9p\u00e8te plusieurs fois par semaine.<\/p>\n<h3>Conserver aussi les images imparfaites<\/h3>\n<p>Une photographie qui semble secondaire aujourd\u2019hui peut devenir importante plus tard. \u00c9vitez donc de supprimer trop rapidement les fichiers qui poss\u00e8dent une attitude, une couleur ou une situation int\u00e9ressante.<\/p>\n<h3>Revenir r\u00e9guli\u00e8rement dans ses archives<\/h3>\n<p>Le temps modifie notre regard. Une image ignor\u00e9e au moment du transfert peut appara\u00eetre beaucoup plus forte plusieurs mois apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Organisez donc plusieurs sessions de s\u00e9lection espac\u00e9es dans le temps.<\/p>\n<h3>Rechercher des correspondances<\/h3>\n<p>Comparez les gestes, les formes, les couleurs et les directions de regard. Deux photographies moyennes prises s\u00e9par\u00e9ment peuvent former un ensemble beaucoup plus int\u00e9ressant.<\/p>\n<h3>Construire une s\u00e9quence<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s avoir s\u00e9lectionn\u00e9 les images, testez plusieurs ordres. La premi\u00e8re photographie doit donner envie d\u2019entrer dans le projet, tandis que la derni\u00e8re doit laisser une impression durable.<\/p>\n<h2>Comment organiser ses archives photographiques ?<\/h2>\n<p>Un classement rigoureux facilite la construction d\u2019une s\u00e9rie sur plusieurs ann\u00e9es. Sans organisation, certaines images risquent de rester invisibles dans des dossiers difficiles \u00e0 explorer.<\/p>\n<p>Une m\u00e9thode simple peut suivre ces \u00e9tapes :<\/p>\n<ol>\n<li>Cr\u00e9er un dossier principal pour chaque ann\u00e9e.<\/li>\n<li>Classer ensuite les images par date et par lieu.<\/li>\n<li>Ajouter des mots-cl\u00e9s li\u00e9s aux couleurs, gestes ou situations.<\/li>\n<li>Attribuer une premi\u00e8re note aux photographies int\u00e9ressantes.<\/li>\n<li>Cr\u00e9er une collection d\u00e9di\u00e9e au projet en cours.<\/li>\n<li>Tester plusieurs paires et plusieurs s\u00e9quences.<\/li>\n<li>Sauvegarder les fichiers sur plusieurs supports.<\/li>\n<\/ol>\n<p>De plus, les planches-contact facilitent la comparaison entre de nombreuses images. Elles permettent d\u2019identifier rapidement les r\u00e9p\u00e9titions et les correspondances.<\/p>\n<p>Enfin, \u00e9vitez de conserver votre archive sur un seul disque. Une copie locale et une seconde sauvegarde s\u00e9par\u00e9e r\u00e9duisent le risque de perdre plusieurs ann\u00e9es de travail.<\/p>\n<h2>Quelle place accorder au hasard en photographie de rue ?<\/h2>\n<p>La rue reste impr\u00e9visible. Le photographe ne contr\u00f4le ni les passants, ni les gestes, ni tous les changements de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Pourtant, il peut pr\u00e9parer son regard. En connaissant son appareil et sa focale, il r\u00e9agit plus rapidement lorsqu\u2019une situation int\u00e9ressante appara\u00eet.<\/p>\n<p>Le hasard fournit donc la sc\u00e8ne, tandis que l\u2019exp\u00e9rience aide \u00e0 la reconna\u00eetre. Ensuite, le travail d\u2019\u00e9dition transforme ces instants isol\u00e9s en r\u00e9cit coh\u00e9rent.<\/p>\n<p>Dans le cas de <em>Traslato<\/em>, cette combinaison entre hasard et s\u00e9lection constitue le c\u0153ur du projet.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\" style=\"margin: 32px 0; text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"display: block; width: 100%; max-width: 1024px; height: auto; margin: 0 auto;\" src=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/qXypLy3Q-1024x768.jpeg\" alt=\"Derni\u00e8re photographie de rue pr\u00e9sent\u00e9e dans la s\u00e9rie Traslato de Juan Jerez\" width=\"1024\" height=\"768\" \/><figcaption style=\"margin-top: 9px; font-size: 14px; line-height: 1.5;\">Dans Traslato, le hasard de la rue rencontre un important travail de s\u00e9lection. \u00a9 Juan Jerez<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Que devient aujourd\u2019hui le travail de Juan Jerez ?<\/h2>\n<p>Depuis la publication initiale de cette interview, Juan Jerez poursuit son activit\u00e9 professionnelle \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Son portfolio actuel pr\u00e9sente notamment des projets consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019architecture, aux int\u00e9rieurs, aux institutions et au portrait. Son exp\u00e9rience de la photographie de rue reste n\u00e9anmoins visible dans son attention aux personnes, aux espaces et aux d\u00e9tails du quotidien.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution montre \u00e9galement qu\u2019une pratique personnelle peut nourrir des commandes professionnelles. L\u2019observation, la composition et la ma\u00eetrise de la lumi\u00e8re restent utiles dans tous les domaines photographiques.<\/p>\n<aside style=\"margin: 38px 0; padding: 26px; border: 1px solid #dddddd; border-radius: 8px; background: #f7f7f7;\">\n<h2 style=\"margin-top: 0;\">D\u00e9couvrez le travail de Juan Jerez<\/h2>\n<p>Retrouvez ses projets consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019architecture, au portrait, aux espaces urbains et \u00e0 la photographie documentaire sur son portfolio professionnel.<\/p>\n<p style=\"margin-top: 22px;\"><a style=\"display: inline-block; padding: 13px 21px; background: #111111; color: #ffffff; text-decoration: none; border-radius: 4px; font-weight: bold;\" href=\"https:\/\/www.juanjerezstudio.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><br \/>\nVoir le portfolio de Juan Jerez<br \/>\n<\/a><\/p>\n<\/aside>\n<aside style=\"margin: 38px 0; padding: 26px; border: 1px solid #dddddd; border-radius: 8px; background: #f7f7f7;\">\n<h2 style=\"margin-top: 0;\">Photographiez plus discr\u00e8tement avec PROPHOT<\/h2>\n<p>Retrouvez les appareils hybrides Fujifilm, les focales fixes et les accessoires adapt\u00e9s \u00e0 la photographie de rue.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes PROPHOT vous accompagnent dans le choix d\u2019un bo\u00eetier compact, d\u2019un objectif et d\u2019un \u00e9quipement coh\u00e9rents avec votre pratique.<\/p>\n<p style=\"margin-top: 22px;\"><a style=\"display: inline-block; padding: 13px 21px; background: #111111; color: #ffffff; text-decoration: none; border-radius: 4px; font-weight: bold;\" href=\"https:\/\/prophot.live\/fujifilm-7599\/\"><br \/>\nD\u00e9couvrir l\u2019univers Fujifilm<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0;\"><strong>Disponible chez PROPHOT<\/strong><br \/>\nShowrooms de Paris, Lille et Lyon.<\/p>\n<\/aside>\n<h2>FAQ sur Juan Jerez et la s\u00e9rie Traslato<\/h2>\n<h3>Qui est Juan Jerez del Valle ?<\/h3>\n<p>Juan Jerez est un photographe professionnel bas\u00e9 \u00e0 Paris. Son travail couvre notamment l\u2019architecture, le portrait, les espaces urbains et les projets documentaires.<\/p>\n<h3>Qu\u2019est-ce que la s\u00e9rie Traslato ?<\/h3>\n<p>Traslato est une s\u00e9rie de photographies de rue r\u00e9alis\u00e9es pendant plusieurs ann\u00e9es \u00e0 Paris. Juan Jerez a construit le projet en rapprochant des images pr\u00e9sentant des gestes, des couleurs ou des attitudes similaires.<\/p>\n<h3>O\u00f9 les photographies de Traslato ont-elles \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es ?<\/h3>\n<p>Juan Jerez a r\u00e9alis\u00e9 une grande partie des images pendant son trajet quotidien rue de la Roquette, dans le 11e arrondissement de Paris.<\/p>\n<h3>Combien de temps a dur\u00e9 le projet ?<\/h3>\n<p>Le photographe a accumul\u00e9 des images pendant environ cinq ans avant de d\u00e9couvrir progressivement les correspondances qui structurent la s\u00e9rie.<\/p>\n<h3>Quel appareil Juan Jerez utilisait-il ?<\/h3>\n<p>Les premi\u00e8res photographies ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es avec un Nikon D750. Par la suite, il a utilis\u00e9 des appareils Fujifilm plus compacts, notamment les X-Pro2, X100F et X-Pro3.<\/p>\n<h3>Quelles focales utilisait-il pour la photographie de rue ?<\/h3>\n<p>Juan Jerez travaillait principalement avec deux focales fixes : un 35 mm et un 50 mm.<\/p>\n<h3>Pourquoi photographiait-il \u00e0 hauteur du bassin ?<\/h3>\n<p>Cette position lui permettait de rester discret et de pr\u00e9server le naturel des attitudes. Sa connaissance des focales fixes l\u2019aidait \u00e0 cadrer sans regarder constamment dans le viseur.<\/p>\n<h3>Comment transformer des archives en s\u00e9rie photographique ?<\/h3>\n<p>Classez les images, ajoutez des mots-cl\u00e9s puis recherchez des r\u00e9p\u00e9titions de gestes, de couleurs ou de situations. Testez ensuite plusieurs associations et plusieurs ordres.<\/p>\n<h3>Une s\u00e9rie doit-elle \u00eatre d\u00e9finie avant de commencer \u00e0 photographier ?<\/h3>\n<p>Non. Comme le montre Traslato, un projet peut \u00e9merger apr\u00e8s la prise de vue gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exploration des archives et au rapprochement d\u2019images r\u00e9alis\u00e9es sans intention commune.<\/p>\n<h2>D\u00e9couvrez d\u2019autres interviews et conseils photographiques<\/h2>\n<p>Consultez \u00e9galement notre<br \/>\n<a href=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/interview-de-thibaud-poirier-2\/\"><br \/>\ninterview de Thibaud Poirier sur la photographie d\u2019architecture<br \/>\n<\/a>.<\/p>\n<p>Pour choisir un \u00e9quipement compact adapt\u00e9 \u00e0 la photographie de rue, retrouvez aussi notre guide consacr\u00e9 au<br \/>\n<a href=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/appareil-photo-hybride\/\"><br \/>\nchoix d\u2019un appareil photo hybride<br \/>\n<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin-top: 25px; font-size: 14px;\"><strong>Photographies :<\/strong> Juan Jerez del Valle.<\/p>\n<p style=\"font-size: 14px;\"><strong>Portfolio actuel :<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.juanjerezstudio.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><br \/>\nJuan Jerez Studio<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p style=\"font-size: 14px;\"><strong>Instagram :<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/juanjerez\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><br \/>\n@juanjerez<br \/>\n<\/a><\/p>\n<hr style=\"margin: 38px 0;\" \/>\n<p><em>Interview initialement publi\u00e9e le 7 avril 2021 et mise \u00e0 jour le 28\/07\/2026 par ENZO de l\u2019\u00e9quipe PROPHOT.<\/em><\/p>\n<\/article>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers sa s\u00e9rie Traslato, le photographe Juan Jerez del Valle explore la photographie de rue, le temps et la m\u00e9moire. Pendant cinq ans, il a photographi\u00e9 presque&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/prophot.live\/blog\/interview-de-juan-jerez-del-valle\/\">Read the post<span class=\"screen-reader-text\">Interview de Juan Jerez del valle<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4302,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[259,251],"tags":[],"class_list":["post-4296","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-photo","category-photographes","excerpt","zoom","full-without-featured","even","excerpt-0"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4296"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4296\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6369,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4296\/revisions\/6369"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/prophot.live\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}