Interview de Julien Dumas, Photographe

Julien Dumas photographe construit la série Lost in comme une suite de courts métrages.

Chaque photographie montre une scène suspendue. Le spectateur ne sait pas exactement ce qui vient de se passer ni ce qui va suivre.

Les personnages, les décors et les accessoires deviennent ainsi les indices d’une histoire laissée volontairement ouverte.

Julien Dumas photographe série Lost in Montreal
Lost in Montreal. © Julien Dumas

Une série pensée comme un film

Le processus commence par une idée de scène. Ensuite, le photographe choisit un lieu, des personnages, des vêtements et des accessoires.

Chaque élément donne une information sur l’époque ou sur la situation.

Un véhicule, par exemple, peut immédiatement ancrer la photographie dans un pays et dans une période précise.

Pourquoi photographier au crépuscule ?

Julien Dumas apprécie particulièrement le moment où le jour disparaît.

La lumière naturelle diminue alors rapidement. En parallèle, les éclairages urbains deviennent visibles.

Ce mélange produit une atmosphère incertaine. Il correspond donc parfaitement à son univers narratif.

Lost in New York par Julien Dumas
Lost in New York. © Julien Dumas

Le moyen format pour les détails

Julien Dumas utilise plusieurs systèmes professionnels. Il travaille notamment avec les appareils Leica S et Hasselblad H6D.

Le moyen format offre une grande finesse et une importante richesse de détails.

Cette qualité devient particulièrement utile pour les grands tirages et les scènes qui contiennent de nombreux éléments.

Une lumière continue

Le photographe utilise exclusivement de la lumière continue pour cette série.

Il peut ainsi observer immédiatement le résultat sur les personnages, les bâtiments et les accessoires.

La lumière continue facilite également la collaboration avec les assistants. Chacun voit précisément la direction et l’intensité de chaque source.

Une équipe comparable à celle d’un tournage

Les productions réunissent des modèles, un assistant scénique et un assistant lumière.

Certains projets demandent aussi la location de véhicules ou la privatisation temporaire d’un lieu.

La préparation réduit alors les imprévus pendant la courte période du crépuscule.

Lost in Brooklyn par le photographe Julien Dumas
Lost in Brooklyn. © Julien Dumas

Comment créer une narration ouverte ?

L’image doit donner suffisamment d’informations sans tout expliquer.

Pour cela, Julien Dumas utilise des expressions neutres, des gestes retenus et des relations ambiguës entre les personnages.

Le spectateur peut alors imaginer sa propre version de l’histoire.

Ses inspirations

Richard Avedon représente un premier déclic important.

Julien Dumas cite aussi Edward Hopper, Kimiko Yoshida, Erwin Olaf, David Hockney et Gregory Crewdson.

Les États-Unis, leur architecture et leur culture visuelle nourrissent également son travail.

Lost in Hopper de Julien Dumas
Lost in Hopper. © Julien Dumas

FAQ sur Julien Dumas photographe

Qu’est-ce que la série Lost in ?

Il s’agit d’une série de scènes photographiques conçues comme des extraits de courts métrages.

Pourquoi utilise-t-il le crépuscule ?

Cette lumière intermédiaire renforce le mystère et permet de mélanger lumière naturelle et éclairages urbains.

Quel matériel utilise-t-il ?

Julien Dumas travaille notamment avec des systèmes moyen format Leica et Hasselblad.

Quel type d’éclairage privilégie-t-il ?

Il utilise principalement de la lumière continue afin de modeler précisément toute la scène.


Interview initialement publiée le 17 janvier 2018 et mise à jour le 30/07/2026 par Enzo de l’équipe PROPHOT.

Prophot Écrit par :