Comment le moyen format améliore la photographie culinaire

Le moyen format en photographie culinaire permet de révéler avec précision les textures, les couleurs et les détails d’un plat. Cependant, la qualité du matériel ne suffit pas. Le choix de l’objectif, la construction de la lumière, le stylisme culinaire et le rythme de travail influencent également le résultat final.

Photographe spécialisé dans la publicité, la photographie de produits et l’univers culinaire, Andy Kerry partage son expérience du système Phase One. Il explique notamment pourquoi le moyen format occupe une place centrale dans son processus créatif.

Qui est le photographe culinaire Andy Kerry ?

Au moment de cette interview, Andy Kerry comptait plus de 30 ans d’expérience dans la photographie culinaire, la mode et la photographie de produits. Son travail se distingue par des images fortes, sombres et atmosphériques.

Son goût pour la cuisine, les peintures dramatiques, la nature et la cinématographie nourrit directement son univers visuel. Par ailleurs, ses voyages dans les Highlands écossais lui apportent une source d’inspiration très différente de son travail en studio.

Andy Kerry décrit son style comme simple et dramatique, avec une légère part d’obscurité. Ainsi, il utilise peu d’accessoires autour des plats. Cette approche dirige immédiatement le regard vers la nourriture, la matière et la lumière.

Comment Andy Kerry est-il devenu photographe ?

Son parcours a commencé à l’école. Son professeur d’art lui a conseillé de s’orienter vers la photographie. Ensuite, son père lui a offert un petit appareil photo appelé Cosmic Symbol.

Pour progresser, Andy Kerry reproduisait des publicités découvertes dans les journaux et les magazines. Cette méthode lui a permis d’étudier les compositions, les cadrages et les éclairages utilisés dans la photographie commerciale.

À l’université, il a ensuite appris les bases techniques nécessaires pour photographier le verre, les aliments et les produits. Puis, au milieu des années 1980, il s’est installé à Londres afin d’assister des photographes publicitaires.

À cette époque, Photoshop ne faisait pas encore partie du processus de production. Les photographes devaient donc construire précisément leur image dès la prise de vue. Cette exigence a renforcé son intérêt pour la lumière et les détails.

Pourquoi s’est-il tourné vers la photographie culinaire ?

Andy Kerry ne se définit pas uniquement comme un photographe culinaire. En effet, il photographie souvent des plats pour accompagner des campagnes consacrées à des ustensiles ou à des équipements de cuisine.

Pourtant, sa passion pour la cuisine influence fortement son travail. Il comprend le temps, la précision et l’énergie nécessaires à la préparation d’un plat. Par conséquent, il cherche à respecter le travail du chef lorsqu’il construit son image.

Les films et les séries constituent également une source d’inspiration importante. Andy Kerry observe notamment leur photographie, leurs contrastes et leurs ambiances lumineuses afin de nourrir ses propres compositions.

Pourquoi utiliser le moyen format en photographie culinaire ?

En photographie culinaire, chaque détail compte. Une miette, une goutte, une texture ou un reflet peuvent modifier la perception du plat. Le moyen format aide donc le photographe à enregistrer une grande quantité d’informations dans l’image.

Cette précision permet notamment de mieux distinguer :

  • les textures d’une pâtisserie ou d’un aliment ;
  • les variations de couleur présentes dans un plat ;
  • les détails fins de la vaisselle et des accessoires ;
  • les transitions entre les hautes lumières et les ombres ;
  • les gouttes, les sauces, la vapeur et les éléments en mouvement ;
  • les différentes zones de netteté dans la composition.

Toutefois, Andy Kerry apprécie aussi le rythme imposé par le moyen format. Le système ralentit légèrement la prise de vue. Ainsi, le photographe prend davantage de temps pour observer le sujet, ajuster la lumière et corriger la composition.

Pourquoi Andy Kerry a-t-il choisi Phase One ?

Andy Kerry a testé son premier dos numérique Phase One en 2001 dans les studios CHS. À l’époque, le studio utilisait notamment un système Mamiya RZ67. Un adaptateur permettait d’associer le dos numérique à plusieurs boîtiers et objectifs.

Cette souplesse a convaincu l’équipe d’adopter progressivement le numérique. Par la suite, les studios CHS ont utilisé un système Phase One XF IQ avec plusieurs objectifs Schneider Kreuznach.

Parmi eux figuraient notamment :

  • le Schneider Kreuznach 55 mm f/2,8 LS ;
  • le Schneider Kreuznach 80 mm f/2,8 LS ;
  • le Schneider Kreuznach 110 mm f/2,8 LS.

Selon Andy Kerry, la qualité d’image constitue le principal avantage du système. Cependant, il apprécie également sa simplicité, son adaptabilité et son intégration dans un flux de production professionnel.

Le travail en mode connecté facilite-t-il un shooting culinaire ?

La prise de vue connectée occupe une place importante dans son organisation. Le boîtier envoie directement les images vers l’ordinateur, ce qui permet au photographe et au styliste d’analyser immédiatement le résultat.

Grâce à Capture One Pro, l’équipe peut notamment contrôler :

  • la netteté sur les éléments importants ;
  • la profondeur de champ ;
  • les reflets sur la vaisselle ;
  • le placement des aliments ;
  • la couleur et l’intensité de la lumière ;
  • les détails difficiles à observer sur l’écran du boîtier.

De plus, Capture Pilot permet au styliste ou au client de consulter les images sans rester devant le poste principal. Chacun peut donc participer plus facilement aux ajustements.

Ce fonctionnement favorise également le travail à distance. Le photographe peut partager les prises de vue avec un client qui ne se trouve pas physiquement dans le studio.

Quel objectif choisir pour la photographie culinaire ?

Andy Kerry privilégie le Schneider Kreuznach 110 mm f/2,8 LS. Cette focale se situe entre un objectif standard et un téléobjectif plus long.

Selon lui, le 110 mm offre une compression adaptée à son style. Il permet également de travailler avec une faible profondeur de champ et de mieux isoler le plat de son arrière-plan.

Grâce à son angle de champ plus serré, le photographe peut éloigner le boîtier de la scène. Le styliste dispose alors de davantage d’espace pour déplacer un aliment, ajuster une assiette ou corriger un détail.

Par ailleurs, ce recul libère de la place autour du sujet. L’équipe peut donc rapprocher les éclairages sans qu’ils entrent dans le cadre.

Andy Kerry utilise aussi le 80 mm. Néanmoins, il préfère la compression et le rendu produits par le 110 mm. Avec l’expérience, cet objectif est devenu une partie essentielle de son processus créatif.

Une photographie de meringue construite en équipe

Photographie de meringue réalisée en moyen format par Andy Kerry
La forme de la meringue, la fumée et les différentes zones de lumière construisent une image précise et atmosphérique. © Andy Kerry

Cette photographie de meringue illustre l’importance de la collaboration entre le photographe et le styliste culinaire. Lianne, la styliste présente sur cette production, a testé plusieurs consistances afin d’obtenir des pointes régulières.

La création des différentes couches demandait beaucoup de précision. Andy Kerry a donc utilisé son objectif 110 mm et placé le boîtier légèrement en contrebas. Ce point de vue accentue les formes et la hauteur des pointes.

Comment la scène a-t-elle été éclairée ?

Andy Kerry a réparti l’éclairage en trois zones complémentaires :

  • une boîte à lumière éclaire l’avant de la composition ;
  • un réflecteur équipé d’une grille travaille l’arrière-plan ;
  • un petit spot rétroéclaire la fumée.

Chaque source remplit donc une fonction précise. La lumière principale révèle les couches de meringue. Ensuite, la lumière d’arrière-plan crée de la profondeur. Enfin, le petit spot sépare la fumée du décor.

Photographier des brochettes sans utiliser une vue plongeante

Brochettes photographiées en moyen format avec un éclairage Profoto
Le cadrage vertical met en valeur l’écoulement du pesto et le volume des brochettes. © Andy Kerry

Une vue réalisée directement au-dessus des brochettes aurait simplifié la prise de vue. Cependant, l’équipe voulait montrer le pesto coulant le long des aliments.

Après un court passage sous le gril, les brochettes ont été installées verticalement dans une mousse de maintien. Ensuite, un chalumeau a permis de colorer légèrement les tomates.

Enfin, l’équipe a ajouté le pesto juste avant la prise de vue. Ce timing précis permet de conserver un aspect frais et de contrôler l’écoulement de la sauce.

Quel éclairage a été utilisé pour les brochettes ?

Trois sources Profoto ont construit la lumière :

  • une grande boîte à lumière diffuse éclaire l’avant ;
  • une boîte à lumière Strip placée sur le côté accentue la hauteur ;
  • un réflecteur avec grille sépare le sujet de l’arrière-plan.

Grâce à cette organisation, chaque source apporte une information différente. La boîte frontale révèle les aliments, tandis que la Strip souligne la forme verticale des brochettes.

Créer une photographie abstraite avec du sucre filé

Photographie abstraite de sucre filé réalisée en moyen format par Andy Kerry
La faible profondeur de champ isole les motifs du sucre filé devant un arrière-plan doux. © Andy Kerry

Pour cette troisième image, Andy Kerry souhaitait obtenir un résultat plus abstrait. Les formes irrégulières du sucre filé lui ont fourni une matière graphique adaptée à cette recherche.

Après avoir créé la structure, l’équipe l’a suspendue devant le fond à l’aide d’un fil de pêche. Le photographe a ensuite supprimé ce fil pendant la postproduction.

Andy Kerry a utilisé le 110 mm à une ouverture de f/3,5. Ainsi, seule une partie du sucre reste parfaitement nette, tandis que l’arrière-plan devient progressivement plus doux.

Comment éclairer une structure en sucre filé ?

Là encore, trois sources structurent l’image :

  • une petite boîte à lumière carrée éclaire l’avant ;
  • une source avec grille rétroéclaire la structure de sucre ;
  • une autre source équipée d’une grille éclaire le fond.

Le rétroéclairage révèle les contours et la transparence du sucre. En parallèle, la lumière frontale conserve suffisamment de détails dans les zones principales.

Quels sont les avantages du moyen format pour les photos culinaires ?

L’expérience d’Andy Kerry met en évidence plusieurs bénéfices :

  • une grande précision dans les textures et les détails ;
  • une excellente base de travail pour les campagnes publicitaires ;
  • un contrôle précis de la profondeur de champ ;
  • un rendu adapté aux tirages et aux visuels de grande taille ;
  • une prise de vue connectée utile pour le travail en équipe ;
  • un rythme plus posé qui favorise la réflexion créative.

Néanmoins, le moyen format ne crée pas automatiquement une bonne photographie. La préparation du plat, le stylisme, le cadrage et la lumière restent essentiels.

Comment préparer une séance de photographie culinaire ?

Avant de commencer, définissez précisément le rendu recherché. Une image claire et naturelle ne demande pas la même lumière qu’une composition sombre et dramatique.

Ensuite, préparez votre installation avant l’arrivée du plat. Utilisez un sujet factice ou une assiette vide pour vérifier le cadrage, la mise au point et les reflets.

Pendant la séance, travaillez avec le styliste afin de corriger chaque détail. De plus, contrôlez régulièrement les images sur un écran suffisamment grand.

Enfin, photographiez les éléments sensibles au dernier moment. La vapeur, la sauce, les herbes fraîches et les aliments chauds peuvent changer d’apparence très rapidement.

Le moyen format est-il indispensable en photographie culinaire ?

Non. Un appareil plein format ou APS-C peut produire d’excellentes photographies culinaires. Le moyen format répond surtout aux productions qui demandent une grande résolution, un contrôle précis et un flux de travail haut de gamme.

Son intérêt dépend donc du projet, du support final et du budget disponible. Pour une campagne publicitaire, un packaging, une affiche ou une impression grand format, la richesse du fichier peut représenter un avantage important.

Pour les réseaux sociaux ou les contenus éditoriaux plus légers, un système plus compact peut également répondre au besoin. Le choix doit toujours rester cohérent avec l’utilisation finale des images.

FAQ sur le moyen format en photographie culinaire

Pourquoi utiliser un moyen format pour photographier des plats ?

Le moyen format permet d’enregistrer beaucoup de détails dans les aliments, la vaisselle et les textures. Il offre ainsi une base adaptée aux productions publicitaires et aux images destinées à de grands supports.

Quel objectif Andy Kerry utilise-t-il en photographie culinaire ?

Andy Kerry privilégie le Schneider Kreuznach 110 mm f/2,8 LS. Cette focale lui apporte la compression, la distance de travail et la faible profondeur de champ adaptées à son style.

Pourquoi travailler en prise de vue connectée ?

La prise de vue connectée permet de contrôler immédiatement la netteté, la lumière, les reflets et le stylisme. Elle facilite aussi les échanges entre le photographe, le styliste et le client.

Le moyen format ralentit-il la prise de vue ?

Oui, le processus peut être plus posé. Cependant, Andy Kerry considère ce rythme comme un avantage, car il lui laisse davantage de temps pour analyser et construire chaque image.

Combien de sources faut-il pour une photographie culinaire ?

Une seule source peut suffire pour créer une belle image. Dans les exemples présentés ici, Andy Kerry utilise trois sources afin de contrôler séparément le sujet, les contours et l’arrière-plan.

Le styliste culinaire est-il important ?

Oui. Le styliste prépare les aliments, ajuste leur position et contrôle leur apparence pendant la séance. Cette collaboration joue un rôle majeur dans la qualité du résultat.

Découvrez d’autres conseils sur la photographie culinaire

Consultez également notre guide consacré à la

photographie culinaire avec le Réflecteur OCF 16 cm
.
Découvrez ensuite comment utiliser

le Rotalux Go pour photographier des plats
.

Source de l’interview :

Phase One – Andy Kerry


Article initialement publié le 8 octobre 2021 et mis à jour le 28/07/2026 par Enzo de l’équipe PROPHOT.

Prophot Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *