
Éclairer un skieur en pleine nuit, au milieu d’une forêt enneigée, sans réseau électrique et par -10 °C : voilà le défi que s’est lancé le photographe Ben Girardi. Son allié ? Le flash Elinchrom THREE, un monobloc compact de 261 Ws à batterie intégrée.
Il nous raconte les techniques employées pour capturer l’action dans l’obscurité hivernale de la Colombie-Britannique, aux côtés de son ami skieur Mauri Cambilla.
Le projet : du ski de nuit, né d’une simple photo
Tout commence à l’automne. Mauri Cambilla envoie à Ben Girardi une image de ski nocturne, avec une envie : réaliser quelque chose de similaire. La discussion débouche sur ce projet.
L’objectif est clair. Il s’agit de capturer des moments d’action et de style de vie, tout en jouant sur un contraste fort : le calme serein de la neige face à l’énergie frénétique d’un skieur dans le noir.
La météo, elle, ne coopère pas. Mais en photographe d’extérieur, Ben Girardi le sait : on ne manipule pas le temps. On joue avec la lumière et l’ombre, et on transforme les contraintes en compositions.
Le matériel utilisé sur ce shooting
- Elinchrom THREE : flash monobloc compact de 261 Ws — la source principale.
- Elinchrom ONE : en seconde source, pour le remplissage.
- Bol réflecteur 26 cm 48° : pour concentrer le faisceau à distance.
- Softbox Rotalux Recta 60×80 cm et Rotalux Strip 35×100 cm : pour adoucir la lumière.
Un kit compact, condition de survie en montagne
En montagne, chaque gramme compte. C’est précisément là que le THREE fait la différence.
Le flash n’est pas plus encombrant que l’objectif Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS II USM du photographe. Il se glisse donc dans le sac photo, aux côtés du boîtier, des supports, des modificateurs et du matériel de splitboard.
Maintenir un kit restreint s’avère crucial pour se déplacer efficacement. Ainsi, la planification en amont — que prendre, que laisser — devient aussi importante que la prise de vue elle-même.
Placer la lumière quand on ne peut pas l’approcher
C’est la contrainte majeure du ski de nuit : impossible de placer les flashs près de l’action. La solution passe par le modificateur.
Le bol réflecteur 26 cm 48° concentre le faisceau et maximise l’intensité. Il permet donc d’éloigner les sources tout en éclairant efficacement le sujet, hors du cadre.
La plupart du temps, une lumière était positionnée derrière le sujet pour éclairer la neige en suspension. Ben Girardi exploitait ensuite la réflexion de la neige environnante pour adoucir les ombres. La neige devenait ainsi son réflecteur naturel.
Lorsqu’il souhaitait un contrôle accru et une source plus douce, il basculait sur les softbox Rotalux, en lumière d’appoint.

HSS ou mode Action : figer le mouvement dans le noir
La technique change au fil de la soirée. Ce point est le cœur du retour d’expérience.
Juste après le coucher du soleil, il reste de la lumière ambiante. Ben Girardi utilise alors le HSS pour assombrir la scène et monte la vitesse d’obturation afin de figer le mouvement.
Une fois le ciel totalement noir, il bascule en mode Action sur le flash. Il réduit la vitesse d’obturation et s’appuie sur la durée d’éclair, très courte, pour figer le skieur.
Un détail fait toute la différence : le THREE affiche la durée du flash à l’écran. Le photographe sait donc à l’avance si la puissance choisie sera assez rapide pour figer le mouvement. Plus besoin de deviner.
Concrètement, la lumière était placée soit directement derrière Mauri, soit de côté et légèrement en arrière. Dans les deux cas, elle produisait la lueur recherchée et projetait les ombres vers l’appareil.

S’adapter : capturer l’inattendu
Les séances se sont étalées sur plusieurs jours, depuis un chalet isolé près de Whistler.
Le premier jour, la neige se met à tomber sans prévenir. Le sol en est presque dépourvu ; qu’à cela ne tienne. Ben Girardi compose ses cadres pour masquer ce manque et capture la chute de neige à contre-jour.
Le lendemain, arrivés tôt pour repérer les lieux, ils découvrent une prairie entourée d’arbres encore enneigés. L’endroit idéal. Ici, l’action est limitée et la scène plongée dans le noir total : plus besoin de se soucier de la synchronisation ni du HSS.
Ces photos ont été réalisées avec une seule source : le THREE et son bol 26 cm, placé derrière les arbres. La lumière traverse sans être visible, illumine les troncs, le skieur et la neige en suspension.
La scène du pick-up : deux sources pour raconter
En observant Mauri installer ses peaux sur le hayon de la camionnette, Ben Girardi décide de capturer cette ambiance de préparation. C’est la seule scène où l’éclairage change vraiment.
Il utilise une boîte à bandes pour diriger la lumière depuis le pick-up, remplissant le plateau et éclairant le skieur. Puis il ajoute une seconde source, le ONE, pour simuler du brouillard dans l’air — l’effet d’une voiture qui passe.
Un dernier détail, purement pratique : skier dans le noir suppose de voir où l’on va. Ben Girardi a donc utilisé les lampes pilotes du flash en continu, pour que Mauri puisse skier en sécurité.
Le verdict de Ben Girardi
- Format et ergonomie : taille, conception monobloc, menus, fixation des modificateurs — le THREE s’avère très performant sur tous ces points.
- Puissance : en plein jour, 261 Ws peuvent manquer pour contrer le soleil direct à la distance imposée par l’action. Placés près du sujet, ils restent largement suffisants.
- Autonomie : la batterie a tenu malgré un fonctionnement continu des lampes pilotes et des températures sous les -10 °C recommandés.
- Le nocturne : complexe, mais gratifiant. Sans lumière ambiante, la scène prend exactement la direction visuelle voulue.
Elinchrom THREE : la fiche technique
| Puissance | 261 Ws |
| Format | Monobloc off-camera, batterie Li-ion intégrée |
| Autonomie | Environ 525 éclairs à pleine puissance |
| Recyclage | Environ 1,2 s à pleine puissance |
| Modes | HSS, TTL, mode Action |
| Interface | Écran tactile, affichage de la durée d’éclair, fonction Bridge |
| Charge | USB-C Active Charging |
| Modificateurs | Compatible gamme Elinchrom et autres marques |
FAQ : le flash Elinchrom THREE en extérieur
Le THREE est-il assez puissant en plein jour ?
Cela dépend de la distance. Placé près du sujet, il suffit largement. En revanche, pour contrer le soleil direct à grande distance, ses 261 Ws montrent leurs limites.
Résiste-t-il au froid ?
Sur ce shooting, la batterie a tenu sous les -10 °C, avec les lampes pilotes en fonctionnement continu — au-delà de la plage recommandée par le constructeur.
HSS ou mode Action : lequel choisir ?
Le HSS sert à assombrir une scène qui garde de la lumière ambiante. Le mode Action prend le relais dans le noir complet : il s’appuie sur la durée d’éclair, très courte, pour figer le mouvement.
Quelle différence entre le THREE et le ONE ?
Le THREE délivre 261 Ws, contre 131 Ws pour le ONE. Sur ce projet, le THREE assurait la source principale et le ONE le remplissage.
Quel modificateur pour éclairer de loin ?
Un bol réflecteur serré, comme le 26 cm 48°. Il concentre le faisceau et permet de placer la source hors du cadre tout en conservant de l’intensité sur le sujet.
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Ce projet le montre bien : en extérieur, la compacité et la maîtrise de la durée d’éclair comptent souvent plus que la puissance brute.
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Suivez le travail de Ben Girardi
Article modifié le 17/07/2026 par Enzo.

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