Interview de Romaric pech

Le photographe d’architecture Romaric Pech s’attache à révéler la monumentalité des édifices, la précision de leurs lignes et la manière dont la lumière transforme les espaces. Pour son projet consacré à la Sainte-Chapelle de Paris, il a utilisé une caméra technique ALPA associée à un dos numérique Phase One de 100 millions de pixels.Réalisée pour le Centre des monuments nationaux, cette série devait restituer l’immensité du monument, la richesse de ses couleurs et les nombreux détails de ses sculptures. La présence de verrières très lumineuses imposait toutefois un important travail sur l’exposition et la perspective.

Dans cette interview, Romaric Pech revient sur son approche de la photographie d’architecture en moyen format, son utilisation de l’ALPA 12 PLUS, le rendu colorimétrique du Phase One IQ3 100MP Trichromatic et les différentes lumières recherchées à l’intérieur de la Sainte-Chapelle.

Chapelle haute de la Sainte-Chapelle photographiée par Romaric Pech
La verticalité de la chapelle haute mise en valeur par Romaric Pech. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Qui est Romaric Pech ?

Romaric Pech développe un travail consacré principalement à la photographie d’architecture, aux monuments, aux lignes urbaines et aux automobiles.

Autodidacte, il découvre la photographie par hasard avant de s’intéresser progressivement à l’ensemble du processus créatif, depuis la préparation de la prise de vue jusqu’au tirage final.

Son apprentissage repose principalement sur :

  • la lecture de livres consacrés à la photographie ;
  • l’analyse du travail d’autres auteurs ;
  • les rencontres avec des photographes professionnels ;
  • la pratique régulière sur le terrain ;
  • l’expérimentation avec différents appareils et formats ;
  • le développement et l’impression de ses propres images.

Cette approche lui permet de construire une méthode rigoureuse tout en conservant une importante liberté créative.

Comment est né le projet consacré à la Sainte-Chapelle ?

Romaric Pech réalise cette série à l’intérieur de la Sainte-Chapelle pour le Centre des monuments nationaux.

Le monument possède une architecture particulièrement spectaculaire. La chapelle haute donne l’impression que ses murs disparaissent presque entièrement derrière les immenses verrières.

Le photographe souhaite transmettre plusieurs caractéristiques :

  • la hauteur impressionnante de l’édifice ;
  • la richesse des vitraux ;
  • la précision des décorations ;
  • les couleurs présentes dans la chapelle haute ;
  • l’atmosphère plus intime de la chapelle basse ;
  • la relation entre la pierre, la lumière et les sculptures ;
  • les variations produites au fil de la journée.

Chaque photographie doit donc fonctionner à la fois comme un document précis et comme une interprétation visuelle du monument.

Intérieur de la Sainte-Chapelle photographié en moyen format par Romaric Pech
Les verrières, les statues et les décorations forment un ensemble architectural particulièrement dense. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Pourquoi la Sainte-Chapelle représente-t-elle un sujet complexe ?

La difficulté principale vient de l’écart de luminosité entre les vitraux et l’intérieur du monument.

Les verrières reçoivent directement la lumière extérieure. Elles deviennent donc beaucoup plus lumineuses que les murs, les statues et les zones placées dans l’ombre.

Une exposition réglée uniquement pour l’intérieur risquerait de rendre les vitraux entièrement blancs. À l’inverse, une exposition destinée aux verrières pourrait plonger les sculptures dans l’obscurité.

Le photographe doit alors contrôler :

  • les hautes lumières présentes dans les vitraux ;
  • les détails des ombres ;
  • la couleur réelle des verrières ;
  • la texture de la pierre ;
  • les dorures et les décorations peintes ;
  • la cohérence générale entre plusieurs photographies.

L’utilisation d’un appareil à grande plage dynamique facilite le travail, mais elle ne remplace pas le choix du bon moment de prise de vue.

Pourquoi travailler principalement le matin ?

Romaric Pech privilégie généralement les prises de vue réalisées le matin. À cette période, la lumière peut devenir plus homogène et faciliter l’équilibre entre les verrières et les parties intérieures.

Une lumière régulière convient particulièrement aux photographies destinées à documenter précisément le monument.

Elle permet notamment :

  • de conserver les couleurs des vitraux ;
  • de révéler les détails des statues ;
  • de limiter les contrastes trop importants ;
  • d’obtenir une série visuellement cohérente ;
  • de faciliter l’assemblage de plusieurs images ;
  • de produire des fichiers adaptés aux conservateurs.

Cependant, une lumière parfaitement équilibrée ne correspond pas à toutes les intentions. Le photographe réalise donc aussi certaines prises de vue en fin de journée.

Créer une ambiance plus dramatique en fin de journée

Lorsque le soleil descend, la lumière traverse les vitraux avec un angle différent. Certaines couleurs deviennent plus intenses, tandis que les ombres gagnent en profondeur.

Romaric Pech utilise parfois cette lumière pour créer une atmosphère plus lourde, presque apocalyptique.

L’objectif ne consiste plus uniquement à présenter l’architecture de manière neutre. La lumière devient alors un outil narratif capable de modifier notre perception du lieu.

Vitraux et architecture verticale de la Sainte-Chapelle par Romaric Pech
La lumière transforme les couleurs et l’atmosphère de la chapelle haute au fil de la journée. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Quel matériel Romaric Pech a-t-il utilisé ?

Pour cette série, Romaric Pech bénéficie de l’accompagnement d’ALPA et de PROPHOT. Cette collaboration lui permet de travailler avec une configuration moyen format très haute définition.

Son équipement comprend notamment :

  • une caméra technique ALPA 12 PLUS ;
  • un dos numérique Phase One IQ3 100MP Trichromatic ;
  • une optique Rodenstock/ALPA de 32 mm ;
  • une optique Schneider de 90 mm ;
  • une optique Schneider de 120 mm ;
  • un trépied stable ;
  • un système de contrôle et de prise de vue adapté au moyen format.

Le 32 mm sert principalement aux vues d’ensemble et aux compositions architecturales. Les focales de 90 et 120 mm permettent ensuite de photographier plus précisément les statues et certains détails.

Romaric Pech utilisant une caméra ALPA dans la Sainte-Chapelle
Romaric Pech prépare une prise de vue avec la caméra technique ALPA. © Romaric Pech

Pourquoi utiliser une caméra technique ALPA 12 PLUS ?

Une caméra technique diffère d’un appareil photo classique. Elle permet notamment de déplacer le corps ou l’objectif afin de corriger les perspectives et de modifier la composition sans incliner excessivement l’appareil.

L’ALPA 12 PLUS propose des mouvements indépendants sur les axes horizontal et vertical.

Cette caractéristique devient particulièrement utile pour :

  • photographier des bâtiments très hauts ;
  • conserver des lignes verticales régulières ;
  • recentrer la composition sans déplacer le trépied ;
  • créer des panoramas très définis ;
  • photographier un plafond sans déformer excessivement la scène ;
  • adapter le cadre avec une grande précision.

Dans la Sainte-Chapelle, le photographe doit souvent montrer simultanément le sol, les statues, les verrières et le plafond. Les mouvements de la caméra apportent donc une réelle souplesse.

Comment le décentrement corrige-t-il les perspectives ?

Avec un appareil classique, le photographe incline généralement le boîtier vers le haut afin d’intégrer tout le bâtiment.

Cette inclinaison provoque une convergence des lignes verticales. Les colonnes semblent alors se rapprocher vers le sommet.

Grâce au décentrement, le photographe peut garder l’appareil de niveau tout en déplaçant la zone enregistrée vers le haut.

Il obtient ainsi :

  • des colonnes plus droites ;
  • une architecture mieux proportionnée ;
  • moins de corrections numériques ;
  • une meilleure utilisation de la définition du capteur ;
  • une composition plus précise dès la prise de vue.

Une correction peut toujours être réalisée dans un logiciel. Toutefois, elle impose souvent un recadrage et une interpolation d’une partie de l’image.

Architecture de la chapelle basse photographiée avec une caméra ALPA
Le contrôle des perspectives préserve la géométrie de la chapelle basse. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Comment créer un panorama avec une caméra technique ?

L’ALPA 12 PLUS permet à Romaric Pech de réaliser des panoramas aux dimensions particulièrement importantes.

Plutôt que de faire pivoter l’appareil, le photographe peut déplacer le dos numérique horizontalement ou verticalement.

Cette méthode présente plusieurs avantages :

  • l’objectif conserve la même position ;
  • la perspective change très peu entre les prises ;
  • l’assemblage devient plus régulier ;
  • le fichier final possède une définition considérable ;
  • le spectateur peut observer les plus petits détails ;
  • l’image convient aux grands tirages et aux archives patrimoniales.

Le photographe doit néanmoins prévoir un chevauchement suffisant entre les différentes images.

Les étapes d’un panorama architectural

  1. Installez la caméra sur un trépied stable.
  2. Vérifiez précisément le niveau de l’appareil.
  3. Choisissez l’exposition et la mise au point.
  4. Conservez les mêmes réglages pendant toute la série.
  5. Réalisez une première image au centre.
  6. Décentrez ensuite la caméra ou le dos.
  7. Conservez une partie commune entre les fichiers.
  8. Contrôlez les zones les plus lumineuses.
  9. Assemblez les images dans un logiciel adapté.
  10. Vérifiez les perspectives et les raccords.

Une personne qui se déplace entre les différentes expositions peut apparaître plusieurs fois. Pour un projet patrimonial, le photographe réalise donc les prises lorsque le monument reste suffisamment calme.

Pourquoi choisir le Phase One IQ3 100MP Trichromatic ?

Le Phase One IQ3 100MP Trichromatic est un dos numérique moyen format conçu pour produire des fichiers très détaillés et une restitution précise des couleurs.

Pour le Centre des monuments nationaux, cette précision possède une importance particulière.

Les fichiers doivent restituer fidèlement :

  • les couleurs des vitraux ;
  • les peintures décoratives ;
  • les dorures ;
  • les nuances de la pierre ;
  • les détails des sculptures ;
  • les différences entre les zones restaurées.

La très haute définition facilite également l’observation, l’archivage et la création de tirages de grande taille.

Une définition utile aux conservateurs

Un fichier de 100 millions de pixels ne sert pas uniquement à réaliser une grande affiche.

Il permet aussi de zoomer sur une partie de l’image afin d’observer un détail architectural, une sculpture ou une zone de vitrail.

Pour un organisme chargé de la conservation du patrimoine, cette précision peut accompagner :

  • la documentation du monument ;
  • la communication institutionnelle ;
  • la création de publications ;
  • la préparation d’une exposition ;
  • la comparaison entre plusieurs périodes ;
  • l’étude de certains détails difficiles d’accès.
Statue de la Sainte-Chapelle photographiée par Romaric Pech
Les longues focales permettent d’isoler les sculptures et leurs détails. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Pourquoi utiliser plusieurs focales ?

Une seule optique ne peut pas répondre à toutes les compositions nécessaires à ce projet.

Le 32 mm permet de montrer une grande partie du monument. Il convient aux compositions générales et aux vues dans lesquelles l’architecture occupe tout le cadre.

Les focales de 90 et 120 mm produisent un angle plus serré. Elles permettent notamment de photographier :

  • les statues des apôtres ;
  • les drapés sculptés ;
  • les détails du plafond ;
  • certaines parties des vitraux ;
  • les ornements peints ;
  • les éléments situés à distance du photographe.

Cette alternance entre plans larges et détails donne davantage de rythme à la série.

Détail d’une statue photographiée par Romaric Pech à la Sainte-Chapelle
Le traitement de la lumière révèle les volumes et les détails du drapé. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Comment préserver les couleurs des vitraux ?

La couleur représente l’un des éléments essentiels de la Sainte-Chapelle.

Une mauvaise exposition ou une balance des blancs inadaptée pourrait modifier fortement l’apparence des verrières.

Pour produire une restitution fidèle, le photographe doit :

  1. travailler avec un écran correctement calibré ;
  2. photographier au format RAW ;
  3. éviter l’écrêtage des hautes lumières ;
  4. contrôler la balance des blancs ;
  5. conserver un traitement cohérent entre les images ;
  6. éviter une saturation excessive ;
  7. utiliser un espace colorimétrique adapté au support final ;
  8. réaliser des épreuves avant une impression importante.

La couleur doit rester spectaculaire tout en respectant l’apparence réelle du monument.

Comment gérer la plage dynamique ?

Les capteurs moyen format offrent une importante latitude de traitement. Cependant, le photographe doit toujours protéger les informations les plus fragiles dès la prise de vue.

Les vitraux totalement surexposés ne pourront pas être récupérés si le fichier ne contient plus aucune information.

Une méthode possible consiste à :

  • exposer en priorité pour les hautes lumières ;
  • contrôler l’histogramme ;
  • réaliser plusieurs expositions lorsque cela devient nécessaire ;
  • récupérer progressivement les ombres au développement ;
  • éviter de rendre chaque zone artificiellement claire ;
  • conserver la profondeur naturelle de l’intérieur.

Le spectateur doit continuer à percevoir la différence entre les zones directement éclairées et les parties plus sombres.

Chapelle basse de la Sainte-Chapelle photographiée par Romaric Pech
La chapelle basse possède une atmosphère plus intime et une architecture visuellement plus dense. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Pourquoi la chapelle basse demande-t-elle une autre approche ?

La chapelle basse ne produit pas la même impression que la chapelle haute.

Les plafonds semblent plus proches, les colonnes occupent davantage l’espace et la lumière devient plus limitée.

Le photographe doit alors travailler principalement :

  • les répétitions formées par les colonnes ;
  • les lignes du plafond ;
  • la profondeur de l’espace ;
  • les couleurs plus sombres ;
  • les détails des peintures ;
  • les zones lumineuses qui guident le regard.

Une composition symétrique peut renforcer la sensation d’ordre. À l’inverse, un point de vue légèrement décentré peut apporter davantage de profondeur.

Colonnes et plafond de la chapelle basse photographiés par Romaric Pech
Les répétitions architecturales structurent la composition de la chapelle basse. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Comment photographier un plafond monumental ?

Photographier un plafond impose souvent d’orienter fortement l’appareil vers le haut. Cette position peut compliquer la composition et provoquer des déformations.

Une caméra technique facilite le travail grâce à ses mouvements. Le photographe doit néanmoins préparer précisément son cadrage.

Pour réussir une telle image :

  1. Repérez le centre géométrique du plafond.
  2. Placez le trépied sur un axe cohérent.
  3. Vérifiez la symétrie des différents éléments.
  4. Utilisez un niveau précis.
  5. Contrôlez les quatre bords du cadre.
  6. Conservez suffisamment de profondeur de champ.
  7. Évitez les vibrations pendant la prise de vue.
  8. Vérifiez la netteté jusque dans les angles.

Un très léger décalage devient immédiatement visible lorsque la composition repose sur une forte symétrie.

Plafond vertical de la Sainte-Chapelle photographié par Romaric Pech
Composition verticale consacrée au plafond. © Romaric Pech – CMN
Détails architecturaux du plafond de la Sainte-Chapelle
Les lignes du plafond créent une perspective très graphique. © Romaric Pech – CMN

La photographie d’architecture est-elle seulement technique ?

La photographie d’architecture exige une grande rigueur, mais elle ne doit pas devenir une simple démonstration technique.

Une perspective parfaitement corrigée ne garantit pas automatiquement une image intéressante.

Le photographe doit également travailler :

  • le choix du point de vue ;
  • la relation entre les lignes ;
  • l’équilibre des volumes ;
  • la progression de la lumière ;
  • la place laissée aux zones sombres ;
  • le rythme entre les plans larges et les détails ;
  • l’émotion produite par le monument.

La technique doit donc rester au service d’une intention visuelle.

Comment Romaric Pech est-il arrivé à la photographie d’architecture ?

La rencontre avec le photographe Patrick Tourneboeuf en 2013 joue un rôle important dans son parcours.

Romaric Pech découvre notamment une approche fondée sur la rigueur de la prise de vue, la maîtrise de la lumière et la manière de présenter un ensemble photographique.

La photographie d’architecture répond alors parfaitement à ses attentes. Elle associe :

  • une préparation méthodique ;
  • un contrôle précis du matériel ;
  • un important travail de composition ;
  • une observation attentive de la lumière ;
  • une grande liberté dans l’interprétation finale.

Cette discipline lui permet ainsi de réunir précision technique et création artistique.

Coulisses de la prise de vue de Romaric Pech à la Sainte-Chapelle
La photographie d’architecture demande une préparation précise du cadrage et du matériel. © Romaric Pech

Quels photographes influencent Romaric Pech ?

Les références de Romaric Pech appartiennent à des univers différents. Cependant, elles partagent une attention particulière portée à la lumière.

Il cite notamment :

  • Daniel Boudinet, pour son travail sur l’architecture et la couleur ;
  • Gregory Crewdson, pour ses mises en scène et sa lumière cinématographique ;
  • Patrick Tourneboeuf, pour sa rigueur et son approche documentaire ;
  • Sean Conboy, pour sa maîtrise de la photographie d’architecture ;
  • Thomas Struth, pour son travail monumental et son lien avec l’école de Düsseldorf.

Ces influences ne servent pas à reproduire un style existant. Elles permettent plutôt d’étudier différentes manières d’organiser l’espace et d’utiliser la lumière.

Qu’est-ce que l’école de Düsseldorf ?

L’école de Düsseldorf désigne un courant photographique associé notamment à l’enseignement de Bernd et Hilla Becher.

Plusieurs artistes issus de cette école développent une approche frontale, précise et souvent monumentale de l’architecture, du paysage ou des espaces industriels.

Leurs œuvres accordent une grande importance :

  • à la neutralité apparente du point de vue ;
  • à la précision technique ;
  • aux grands formats ;
  • à la répétition et aux séries ;
  • aux détails de l’environnement ;
  • à la relation entre l’humain et l’architecture.

Cette approche correspond naturellement à l’intérêt de Romaric Pech pour les bâtiments monumentaux.

Architecture extérieure de la Sainte-Chapelle par Romaric Pech
La série documente également les lignes architecturales situées autour du monument. © Romaric Pech – Centre des monuments nationaux

Comment préparer une séance de photographie d’architecture ?

Une bonne préparation permet de consacrer davantage de temps à la composition une fois sur place.

Avant la prise de vue, le photographe peut :

  1. étudier les plans et l’histoire du bâtiment ;
  2. repérer les différentes orientations ;
  3. vérifier les horaires d’accès ;
  4. identifier les autorisations nécessaires ;
  5. préparer une liste de vues indispensables ;
  6. observer la trajectoire du soleil ;
  7. choisir les objectifs adaptés ;
  8. prévoir un trépied suffisamment stable ;
  9. charger les batteries et préparer les supports de stockage ;
  10. organiser une sauvegarde immédiate des fichiers.

Dans un monument ouvert au public, il faut aussi anticiper la présence des visiteurs et les éventuelles restrictions liées au matériel.

Quels réglages utiliser pour photographier un intérieur ?

Les réglages dépendent de la lumière, de la définition du capteur et du rendu recherché.

Une configuration de départ peut privilégier :

  • une sensibilité ISO basse afin de préserver les détails ;
  • une ouverture intermédiaire pour obtenir une bonne profondeur de champ ;
  • un temps de pose adapté à la lumière disponible ;
  • une mise au point manuelle précise ;
  • le format RAW ;
  • un déclenchement à distance ou retardé ;
  • un trépied stable.

Puisque le sujet reste immobile, le photographe peut généralement utiliser une exposition relativement longue sans augmenter fortement la sensibilité.

Les erreurs fréquentes en photographie d’architecture

Incliner systématiquement l’appareil vers le haut

Cette méthode provoque une forte convergence des verticales. Utilisez un objectif à décentrement, une caméra technique ou prévoyez une correction maîtrisée.

Négliger les bords de l’image

Un élément coupé, une colonne inclinée ou une zone très lumineuse peut déséquilibrer toute la composition.

Surexposer les fenêtres et les vitraux

Contrôlez les hautes lumières dès la prise de vue. Réalisez plusieurs expositions lorsque la plage dynamique devient trop importante.

Corriger excessivement les perspectives

Des verticales parfaitement parallèles ne conviennent pas toujours à chaque composition. Une correction trop forte peut produire un bâtiment visuellement élargi vers le sommet.

Utiliser une saturation trop importante

Les couleurs d’un monument peuvent être intenses sans paraître artificielles. Conservez une restitution cohérente avec le lieu.

Photographier uniquement des plans larges

Ajoutez des détails, des textures et des cadrages plus serrés afin de créer une série plus riche.

Oublier l’utilisation finale des images

Une photographie destinée à une archive, à un livre ou à une campagne de communication ne répond pas exactement aux mêmes contraintes.

Une méthode complète pour photographier un monument

  1. Définissez l’objectif documentaire et artistique.
  2. Repérez les lieux et les différentes lumières.
  3. Préparez une liste de plans.
  4. Installez et mettez précisément le trépied à niveau.
  5. Choisissez la focale selon le cadrage.
  6. Corrigez la perspective dès la prise de vue.
  7. Protégez les hautes lumières.
  8. Réalisez plusieurs expositions si nécessaire.
  9. Alternez les vues générales et les détails.
  10. Vérifiez la netteté dans les angles.
  11. Contrôlez les couleurs sur un écran adapté.
  12. Sauvegardez immédiatement les fichiers.
  13. Conservez un traitement cohérent sur toute la série.
  14. Préparez l’export selon le support final.

Galerie du projet Sainte-Chapelle

Ces photographies montrent plusieurs aspects complémentaires du travail de Romaric Pech : vues monumentales, détails sculptés, plafonds et variations de lumière.

Vue verticale de la chapelle haute par Romaric Pech
Verticalité de la chapelle haute. © Romaric Pech – CMN
Statue de la chapelle haute photographiée en moyen format
Détail sculpté de la chapelle haute. © Romaric Pech – CMN
Photographie de la chapelle basse par Romaric Pech
Architecture de la chapelle basse. © Romaric Pech – CMN
Détail extérieur de la Sainte-Chapelle photographié par Romaric Pech
Détail architectural extérieur. © Romaric Pech – CMN

Checklist avant une prise de vue architecturale

  • Les autorisations ont-elles été obtenues ?
  • Le bâtiment a-t-il été repéré à différentes heures ?
  • Le trépied est-il parfaitement stable et de niveau ?
  • Les verticales sont-elles maîtrisées ?
  • Les hautes lumières conservent-elles leurs détails ?
  • La mise au point couvre-t-elle toute la profondeur nécessaire ?
  • Les angles du fichier restent-ils suffisamment nets ?
  • Plusieurs focales ont-elles été prévues ?
  • Les plans généraux et les détails sont-ils équilibrés ?
  • La colorimétrie respecte-t-elle le monument ?
  • Les fichiers disposent-ils de plusieurs sauvegardes ?
  • Les dimensions finales correspondent-elles au support prévu ?

FAQ sur Romaric Pech et la photographie d’architecture

Qui est Romaric Pech ?

Romaric Pech est un photographe spécialisé notamment dans l’architecture, les monuments, les lignes urbaines et l’automobile.

Quel projet a-t-il réalisé à la Sainte-Chapelle ?

Il a photographié l’intérieur de la Sainte-Chapelle pour le Centre des monuments nationaux afin de restituer sa monumentalité, ses couleurs et ses nombreux détails.

Quel appareil a-t-il utilisé ?

Pour cette série, Romaric Pech a utilisé une caméra technique ALPA 12 PLUS associée à un dos numérique Phase One IQ3 100MP Trichromatic.

Quels objectifs a-t-il utilisés ?

Il a notamment travaillé avec une optique Rodenstock/ALPA de 32 mm ainsi qu’avec des objectifs Schneider de 90 et 120 mm.

Pourquoi utiliser une caméra technique en architecture ?

Elle permet de corriger les perspectives avec précision, de conserver des verticales régulières et de produire des panoramas haute définition.

À quoi sert le décentrement ?

Le décentrement déplace la zone enregistrée sans obliger le photographe à incliner fortement l’appareil. Il limite ainsi la convergence des lignes verticales.

Pourquoi choisir un capteur de 100 millions de pixels ?

Une telle définition enregistre les détails des sculptures, des vitraux et des décorations. Elle convient également aux archives et aux grands tirages.

Pourquoi photographier la Sainte-Chapelle le matin ?

La lumière peut devenir plus homogène et faciliter l’équilibre entre les verrières lumineuses et les zones intérieures plus sombres.

Comment éviter de surexposer les vitraux ?

Contrôlez l’histogramme, protégez les hautes lumières et réalisez plusieurs expositions lorsque l’écart de luminosité devient trop important.

Comment réaliser un panorama architectural ?

Stabilisez l’appareil, conservez une exposition manuelle et réalisez plusieurs images avec un recouvrement suffisant avant de les assembler.

Quel objectif choisir pour photographier un bâtiment ?

Un grand-angle ou un objectif à décentrement convient aux vues générales. Une focale plus longue permet ensuite d’isoler les détails.

Comment préserver les couleurs d’un monument ?

Photographiez au format RAW, contrôlez la balance des blancs et travaillez sur un écran correctement calibré.

Une rencontre entre patrimoine et très haute définition

Le projet de Romaric Pech montre comment la technologie peut servir la valorisation d’un monument historique.

L’ALPA 12 PLUS apporte un contrôle précis de la perspective, tandis que le Phase One IQ3 100MP Trichromatic enregistre les détails et les couleurs nécessaires à une production patrimoniale exigeante.

Cependant, le matériel ne constitue qu’une partie du résultat. Le choix de la lumière, le point de vue et la capacité à transmettre l’atmosphère du lieu restent essentiels.

En associant rigueur documentaire et interprétation artistique, Romaric Pech propose ainsi une nouvelle lecture de la Sainte-Chapelle et de son architecture monumentale.

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Interview et photographies : Romaric Pech.

Projet réalisé pour : Centre des monuments nationaux.


Interview initialement publiée le 3 décembre 2019 et mise à jour le 29/07/2026 par Enzo de l’équipe PROPHOT.

Prophot Écrit par :

Un commentaire

  1. Anonyme
    6 janvier 2020

    Superbe….Tout bonnement.

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